
> Rhinoplastie, la chirurgie du nez
La rhinoplastie ou plastie nasale, chirurgie extrêmement fréquente, vise à corriger toutes sortes de petites (ou de grosses) imperfections au niveau du nez. Trop long, trop gros, trop large, bosselé ou crochu, tout le monde n’a pas un nez parfait et peut, s'il le désire, recourir à cette pratique. Pour tout savoir sur cette intervention, nous avons interrogé le Dr Karim Mamlouk, Chirurgien plasticien.
On compte à ce jour 15 000 rhinoplasties par an en France, soit 5% des interventions de chirurgie esthétique. Un chiffre qui reflète le succès de cette pratique, l’une des plus courues dans le milieu. Son objectif : corriger les reliefs disgracieux du nez en modifiant ou remodelant sa morphologie, soit au niveau de sa partie osseuse soit au niveau des cartilages. Le tout en préservant évidemment l’équilibre harmonieux du visage. Un véritable travail d’orfèvre qui s’apparente, pour certains, à un incroyable petit miracle tant cela peut, parfois, changer la vie. Mais inutile de le préciser, une telle intervention ne pardonne aucune erreur, tant celle-ci serait visible, pour ainsi dire, "comme le nez au milieu de la figure". Voilà pourquoi il est primordial de bien se renseigner en amont et de prendre toutes les précautions nécessaires pour que le succès soit au rendez-vous. En quoi cela consiste exactement ? Quels sont les risques ? Comment choisir son chirurgien ? MySmooze est allé poser, pour vous, toutes ces questions au Dr Karim Mamlouk, chirurgien esthétique plasticien spécialiste en chirurgie reconstructive.
Docteur Mamlouk, bonjour. Tout d’abord, en quoi consiste exactement la rhinoplastie ?
La rhinoplastie est la chirurgie plastique reconstructrice et esthétique du nez. Elle consiste à intervenir sur les éléments anatomiques qui constituent l’architecture du nez (os propres du nez, cartilages, cloison nasale…) afin que la peau puisse épouser la nouvelle structure. L’objectif étant d’obtenir un nez naturel en harmonie avec le visage notamment le front et le menton, ainsi qu’un nez fonctionnel, permettant une bonne respiration. Les anomalies qui sont à l’origine des demandes de rhinoplasties sont : les bosses, les déviations du nez et de la cloison nasale avec gêne respiratoire, les nez aplatis, les nez longs, les nez courts….
Cette intervention comporte-t-elle des risques ? Lesquels ?
Oui, elle peut comporter certains risques. Une rhinoplastie bien réalisée n'en reste pas moins une véritable intervention chirurgicale, ce qui implique les risques liés à tout acte médical, aussi minime soit-il : complications liées à toute anesthésie générale (notamment allergie), saignement du nez (qui peut survenir lors de l’ablation des mèches et peut exceptionnellement nécessiter la mise en place de nouvelles mèches pour 48h, ce qui est sans aucune conséquence), hématome du nez (très rare et qui peut, s’il est important, nécessiter une intervention chirurgicale), infection du nez (là encore très exceptionnelle. Elle est traitée par antibiotiques, et peut nécessiter une intervention chirurgicale), perforation de la cloison nasale (surtout dans les cas ou la déformation initiale de la cloison est très importante), ou encore trouble de la sensibilité des dents de la mâchoire supérieure (néanmoins très rare et le plus souvent temporaire).
Comment expliquez-vous le succès de cette pratique et sa "banalisation" ?
Ce succès, qui concerne aussi bien les femmes que les hommes, est lié à différents facteurs : Le nez est un organe clef de l’harmonie du visage. Parfois, un nez peut donner une expression négative au visage qui ne correspond pas à la personnalité du patient. Une rhinoplastie réussie aura ainsi un effet d’embellissement de l’ensemble du visage. Il s’agit certainement de l’intervention de chirurgie esthétique qui donne les résultats les plus impressionnants. Il s’agit d’une chirurgie qui permet de sculpter de façon précise et minutieuse les structures nasales, et ce sans cicatrices visibles. L’évolution des techniques chirurgicales et médicales permet d’obtenir des nez naturels.
Vous arrive t-il de refuser de pratiquer cette intervention sur un patient ? Pour quelles raisons ? Existe-il des contre-indications à cette pratique ?
Oui, parfois. Il existe en effet des contre-indications d’ordre psychologique, technique ou médical. Le but de la consultation est d’apprécier les motivations du patient et d’évaluer son état psychologique. Le retentissement psychologique d'un défaut au niveau du nez est vécu de façon très variable en fonction des personnes. C'est donc au chirurgien d'être à l'écoute de son patient, d'apprécier ses motivations et de décider avec le patient du geste chirurgical. Des problèmes psychologiques peuvent faire amener quelqu’un à consulter pour une rhinoplastie, le nez étant un organe important dans le schéma corporel, et devenant le symptôme d’un problème inconscient, qui ne pourra évidemment pas être réglé uniquement par une rhinoplastie. C’est au chirurgien de savoir faire la part des choses et de dépister un état dépressif, une névrose, voire une psychose… Pendant l’adolescence, période de bouleversements morphologique et psychologique, la décision de réaliser une rhinoplastie doit être posée avec une grande prudence. Cependant, l’intervention peut être possible à partir de l’âge de 15ans, dés la fin de la croissance du nez, s’il existe un défaut important avec retentissement psychologique.
Il peut exister également des contre-indications d’ordre technique lorsque, par exemple, la peau est de trop mauvaise qualité. Enfin, comme pour toute intervention chirurgicale sous anesthésie générale, il existe des contre-indications d’ordre médical en rapport avec l’état de santé du patient.
Comment se déroule l’intervention ? Et quelles sont les indications postopératoires indispensables à l’entière réussite de la rhinoplastie ?
Elle est réalisée le plus souvent sous anesthésie générale. Les incisions sont réalisées à l'intérieur du nez et sous le nez (voie externe ou ouverte) ce qui permet de réaliser un bilan très précis des structures du nez et de réaliser des gestes adaptés : greffes de cartilage...
Dans certains cas, les incisions sont réalisées uniquement à l’intérieur des narines (voie interne). Dans les cas de réduction de la taille des narines, les incisions sont dissimulées dans le pli de l'aile du nez. Par ces incisions, le chirurgien réduit la bosse osseuse, remodèle les cartilages, corrige une déviation de la cloison nasale en s'aidant du projet photographique établi avec le patient. Des greffes de cartilage permettent d'apporter du volume là où il en manque (angle naso-frontal trop creusé, pointe...) et de renforcer une pointe qui manque de soutien. L'intervention dure de 1H30 à 3 heures en fonction des gestes réalisés. En fin d'intervention, des mèches dans placées dans les narines et un plâtre est confectionné. La sortie est autorisée après 1 à 2 jours. Les mèches sont retirées au bout de 24 heures le plus souvent. Le plâtre est retiré vers le 8ème jour. L'intervention est peu douloureuse. Il existe surtout une gêne respiratoire les premiers jours. Il faut ensuite se protéger du soleil le temps que disparaissent les bleus, ne pas se moucher, ni porter de lunettes pendant 30 jours environ. Eviter les sports violents pendant environ 2 mois. Il est recommandé de se reposer et de ne faire aucun effort les jours suivant l'intervention. Enfin, il est conseillé de revoir régulièrement votre chirurgien pendant 1 an.
Le résultat escompté est-il instantané ou faut-il attendre un certain temps avant que les modifications soient complètes ?
Un délai de deux à trois mois est nécessaire pour avoir un bon aperçu du résultat, en sachant que l'aspect définitif ne sera obtenu qu'après un an, une fois que l’œdème aura complètement disparu. Comme pour tout acte chirurgical, il n’existe pas de garantie de résultat à 100%, car malgré une rhinoplastie réalisée selon les règles de l’art, le résultat dépend de nombreux facteurs parfois imprévisibles tels que : qualité et redrappage de la peau, consolidation osseuse, cicatrisation cartilagineuse, résorption des greffes osseuses ou cartilagineuse… Dans certains cas, la déformation du nez peut persister ou récidiver après l’intervention ; ceci est dû, le plus souvent, à une déformation initiale complexe.
Est-il fréquent qu’il faille, comme dans certaines autres interventions de chirurgie esthétique, procéder à des "retouches" ?
Parfois, après une rhinoplastie réussie, il peut persister des défauts mineurs tels que : irrégularités palpables ou visibles sous une peau fine qui peuvent être retouchées par un léger râpage osseux sous anesthésie générale. Cette retouche chirurgicale est en général plus simple que l'intervention initiale, tant au point de vue technique que des suites opératoires. On peut également, dans certains cas, proposer des injections de comblement lorsque la peau est fine et qu'elle laisse apparaitre des irrégularités, ou lorsqu'il existe un petit manque de volume dans une partie du nez. On utilise des injections d'acide hyaluronique qui est un produit de synthèse, résorbable en 1 an environ.
Lorsqu'il existe des défauts importants, on peut être amené à réaliser une rhinoplastie secondaire avec des greffes de cartilage afin de reconstruire ce qui a été trop réséqué. Le plus souvent le cartilage est prélevé au niveau de la cloison nasale, parfois au niveau de l'oreille sans séquelles esthétiques. Une rhinoplastie secondaire est le plus souvent plus compliquée qu'une rhinoplastie primaire, tant dans la réalisation que dans les suites (œdème prolongé).
Il existe deux types de rhinoplastie. La rhinoplastie dite fonctionnelle qui redresse la cloison nasale pour remédier à des troubles respiratoires et la rhinoplastie correctrice dont la visée est uniquement esthétique. Laquelle de ces deux pratiques est la plus courante ? Peut-on conjuguer les deux ?
Lorsqu’on réalise un geste uniquement sur la cloison nasale sans modifier l’aspect extérieur du nez, on parle de septoplastie. Souvent, la déviation de la cloison nasale est associée à une déformation extérieure du nez, soit de façon naturelle soit à la suite d’un traumatisme. Une réparation doit être réalisée dans le même temps, afin d’améliorer la respiration et l’esthétique du nez. On parle alors de rhinoseptoplastie réparatrice et esthétique.
Après un traumatisme du nez, il peut exister une déformation extérieure du nez, sans déviation de la cloison, avec parfois une gêne respiratoire. L’intervention s’appelle une rhinoplastie réparatrice et esthétique. Mais le plus souvent, la demande est purement esthétique et l’intervention consiste à corriger un défaut extérieur : on parle de rhinoplastie esthétique. En fait, la distinction est purement administrative car, à quelques détails près, il s’agit en fait de la même intervention dont les deux objectifs sont d’obtenir un nez esthétique, naturel en harmonie avec le visage, et fonctionnel, permettant une bonne respiration.
Pour finir, quelles mises en garde adresseriez-vous, en tant que chirurgien plasticien, à toutes les personnes désireuses de subir une rhinoplastie ?
La rhinoplastie est une intervention très délicate qui doit être réalisée par des chirurgiens plasticiens spécialisés dans ce domaine avec une réelle expérience de la rhinoplastie et une connaissance approfondie de l'esthétique et de la fonction du nez. Il est conseillé de vérifier les qualifications sur le site du conseil de l’ordre des médecins : www.conseil-national.medecin.fr ; il est important de demander à voir plusieurs photographies de résultats de rhinoplasties réalisées par le chirurgien, afin d’évaluer son travail. Lors des consultations pré-opératoires. Le chirurgien vous aura expliqué les bénéfices mais aussi les risques de l’intervention. Un morphing sur une photo de profil peut être réalisé de façon réaliste afin d'avoir une idée du résultat tout en restant très prudent. Il est en effet beaucoup plus facile de faire une retouche sur un logiciel qu'une rhinoplastie !!!
Concernant les motivations personnelles, il ne faut pas chercher à avoir le nez de quelqu'un d'autre, ce qui est le plus souvent impossible, il faut simplement chercher à obtenir une amélioration esthétique de son propre nez... Un délai de réflexion d’au moins 15 jours doit vous être accordé, et un devis doit vous être remis.
Remerciements au Docteur Mamlouk
http://www.mamlouk.org
| Par Levana Siboni | 19/05/2008 | ![]() |
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2 commentaires |
rhinoplastie | posté par Inconnu
23/07/2008
merci pour votre article mais un doute persiste. Je suis complètement angoissée par un manque d'air. Mon chirurgien souhaite que je conserve les mèches pendant 7jours ce qui est énorme pour moi, puis-je refuser de les garder 7 jours et demander à les conserver que 24 heures? Merci, je me fais opérer d'une rhinoplastie dans 1 jour. cordialement
Article rassurant | posté par Inconnu
20/05/2008
Vous m'avez quelque peu rassuré avant mon intervention... merci.








