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L’hypnose, quelles vertus pour le corps et l’esprit ?

L’hypnose, tout le monde en a entendu parler, mais beaucoup l’entourent encore d’une aura de mystère voire de scepticisme. Il s’agit pourtant d’une discipline aux vertus reconnues, et de plus en plus prisée pour soigner les maux du corps et de l’esprit. Incursion dans un monde… hypnotique.

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L’hypnose, quelles vertus pour le corps et l’esprit ?
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Quand on parle d’hypnose, on imagine souvent un mage ténébreux aux yeux perçants et à la cape ondoyante, murmurant "dormez, je le veux…" à une jeune femme sans défense. Alors un conseil, avant d’aller plus avant, rangez les clichés de cet acabit au rayon accessoires de music-hall, car l’hypnose, la vraie, n’a que peu de choses à voir avec les élucubrations de Mandrake le Magicien. Pour évacuer les préjugés, pour en savoir plus sur les vertus de cette pratique qui remonte à la nuit des temps (à quelques millénaires près) mais qui a connu une véritable révolution au XXème siècle, nous avons rencontré Kevin Finel, psychothérapeute, coach, formateur en hypnose classique et ericksonienne, et membre de l’ARCHE (Académie de Recherche et Connaissance en Hypnose Ericksonienne). Il a accepté de répondre à nos questions et de nous convier à une séance publique d’initiation à l’hypnose.

Une petite histoire de l’hypnose

Si l’hypnose semble sortir depuis quelques années du ghetto ésotérique dans lequel elle a longtemps été cantonnée pour gagner peu à peu ses "lettres de noblesse" auprès du grand public, il n’en demeure pas moins que sa pratique ne remonte pas à hier. Comme nous le rappelle d’emblée Kevin Finel, "l’hypnose a toujours existé, sous différentes formes : l’exploration des états de conscience est présente dans bien des traditions, en orient comme en occident." Mais ce n’est qu’au XXème siècle que l’hypnose a évolué vers son incarnation moderne. Comprendre : une hypnose "ouverte" et non plus autoritaire, où le thérapeute n’exerce plus de "pouvoir" sur le sujet hypnotisé, lequel se trouve par conséquent moins captif, et va à la rencontre de son propre inconscient.

A cet égard, Kevin Finel s’inscrit résolument dans la tradition d’hypnose thérapeutique héritée des travaux de Milton Erickson. Ce psychiatre né en 1901 aux Etats-Unis est celui qui a réellement développé l’hypnose moderne, aux antipodes de l’hypnose classique et de l’hypnose dite "du spectacle" : une thérapie brève, intuitive, qui sollicite la communication avec l’inconscient et fait de ce dernier un allié pour résoudre des peurs, des blocages, des addictions, des compulsions, des traumas, des douleurs, etc. Partant du principe qu’en dialoguant directement avec l’inconscient, on accède à tous les "programmes" qui nous conditionnent, l’hypnose ericksonienne prétend solutionner un vaste éventail de troubles physiques comme psychiques.

L’hypnose, quelles vertus pour le corps et l’esprit ?
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Esprit, es-tu là ?

Contrairement à beaucoup d’idées reçues, le principe de l’hypnose, en tout cas ericksonienne, n’est pas de plonger le sujet dans un état de torpeur hébétée tel un pantin, mais de l’amener à une "égale présence du conscient et de l’inconscient". En d’autres termes, à faire "remonter à la surface" toutes les ressources et informations invisibles, refoulées, oubliées ou enfouies, qui jalonnent notre inconscient. Kevin Finel nous explique : "il ne fait plus de secret qu’à l’état conscient, nous n’utilisons qu’une très faible part des ressources de notre cerveau. Parfois, notre inconscient nous lance des informations sous forme d’états ou de symptômes, mais que nous ne savons pas interpréter. En dissociant conscient et inconscient, l’hypnose permet d’identifier et de solutionner bien des problématiques." (Voir plus loin)

Concrètement, cela se passe comment ? "L’hypnose n’a rien de magique, souligne Kevin Finel, mais repose sur des techniques précises et éprouvées grâce auxquelles on va solliciter l’inconscient. Avant tout travail, il s’agit de mettre en place un échange afin de définir les attentes de la personne. Certaines viennent avec un objectif précis (arrêter de fumer…), d’autres avec un mal-être dont elles ne peuvent identifier la cause. En dialoguant quelques minutes, parfois quelques heures, l’hypnotiseur va établir la direction vers laquelle il doit orienter son travail. Ensuite, grâce à une technique de paroles, de mots précis, de suggestions, en sollicitant des sensations, des souvenirs, des émotions profondes, il va plonger le sujet dans un état modifié de conscience, d’hyper lucidité, entre la rêverie et la transe, parfois plus profond encore." Un état qui n’a rien d’artificiel, mais qui est un "état naturel, insiste Kevin Finel. L’hypnose nous donne juste les clés pour y parvenir volontairement." Un état aussi, qui peut créer un effet de distorsion du temps (cinq minutes semblent durer deux heures, une heure semble durer quelques secondes…) mais très rarement une amnésie, prétend Kevin Finel.

L’hypnose, quelles vertus pour le corps et l’esprit ?
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La dernière séance

Plonger quelqu’un en état d’hypnose prend quelques minutes en général – seuls certains esprits mettent plus longtemps à se laisser aller… quant à savoir si d’autres encore y sont totalement imperméables, c’est encore en débat. Une séance peut durer jusqu’à 1h ou 1h30. En séance d’hypnose (l’ARCHE propose des cabinets publics toutes les deux semaines), il est assez surprenant de voir avec quelle facilité apparente le thérapeute arrive à plonger les volontaires dans un état de transe légère et parvient, en quelques instants, à dialoguer directement avec leur inconscient, comme si ce dernier était une personne à part entière avec sa volonté propre, qui ne demande qu’à s’exprimer… Débarrassés de tout masque social ou de toute inhibition, les émotions remontent, les blocages s’effondrent et les problèmes se dévoilent. C’est là que les vertus de l’hypnose s’expriment : en "négociant" directement avec l’inconscient, on peut trouver beaucoup d’applications. Arrêt du tabac, perte de poids, rapport à la nourriture : en supprimant l’état de manque, en déplaçant une obsession ou en créant un sentiment de satiété. Déprime, phobie, stress, somatisation, inhibition : en débusquant les sources d’un trouble, en dissociant un symptôme de sa cause. Troubles du sommeil : en apprenant à gérer son sommeil, ses rêves, à programmer ses périodes de récupération. Mémoire : en apprenant à mieux l’utiliser, à augmenter ses capacités, mais aussi à retrouver des souvenirs enfouis.

Les vertus sont aussi physiques. Ainsi, l’hypnose permettrait de "couper" l’information de la douleur, et ainsi de gérer des affections chroniques comme l’arthrose ou la migraine, par exemple, mais aussi des états d’urgence (de plus en plus de médecins et d’urgentistes s’initient aux techniques de l’hypnose). In extenso, l’hypnose pourrait aussi être utilisée dans le cas d’anesthésies locales ou générales (déjà expérimenté en Belgique), d’accouchements sans douleur, et on ne sera pas étonné d’apprendre que des équipes américaines travaillent sur l’impact de l’hypnose sur le système immunitaire… Plus orthodoxe, beaucoup de sportifs ont aujourd’hui recours aux vertus de l’hypnose pour améliorer leur rendement cardiaque, leur acuité ou leurs réflexes… Car dans le prolongement de l’hypnose ericksonienne ou trouve l’autohypnose, qui permet de recontacter, seul, son inconscient pour un besoin spécifique.

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A qui profite l’hypnose ?

Aujourd’hui, il semble que l’hypnose attire de plus en plus de curieux : plus seulement des "déçus" d’autres thérapies, mais des personnes qui croient aux vertus de cette discipline et s’y dirigent spontanément. Sans distinction d’âge ou de sexe. Hommes comme femmes, enfants comme personnes âgées, font appel à l’hypnose indifféremment ; parfois même en couple : pour résoudre des problèmes de communication ou d’ordre sexuel – peur, angoisse, blocage, manque de laisser-aller. L’hypnose peut être aussi utilisée pour les questions de séduction : pour mieux se connaître, dépasser ses inhibitions, mais aussi pour créer un contexte favorable à la séduction, mettre l’autre personne à l’aise… Enfin, l’hypnose est de plus en plus utilisée en thérapie familiale : pour mieux communiquer, mieux comprendre l’autre, enlever les mauvais réflexes, briser les routines. Par l’hypnose, certains couples pourraient ainsi retrouver leur complicité voire "nettoyer" leurs sentiments… ou bien se rendre compte qu’ils étaient ensemble pour de mauvaises raisons. Le risque étant ici que si seul l’un des deux évolue, l’autre risque de rester à la traîne !

Et puisqu’on parle de risque, ne peut-on pas craindre qu’avec de tels effets, l’hypnose puisse présenter un danger pour les esprits faibles ou trop facilement manipulables ? Tout en concédant que le succès grandissant de sa discipline pourrait entraîner l’apparition de praticiens peu scrupuleux, vendeurs de remèdes miracles, et que l’hypnose doit reposer sur une base saine et éthique, Kevin Finel soutient que "l’hypnose ne permet pas de manipuler les gens au-delà d’un certain seuil, car l’inconscient n’acceptera jamais de faire des choses avec lesquelles il est en désaccord. C’est un outil puissant mais il faut bien comprendre que le plus gros travail vient du sujet, et de son inconscient." Soucieux de défendre l’image de sa corporation, qui finalement ne dispose de vraies formations en France que depuis 5 ou 6 ans, Kevin Finel insiste sur les applications pratiques de l’hypnose ericksonienne et de l’autohypnose, qui permettent de résoudre des problèmes précis de façon autonome, et qui s’adressent aussi bien aux sportifs qu’aux musiciens, aux étudiants comme aux navigateurs au long cours, voire même aux entreprises (motivation, communication, hiérarchie). L’hypnose comme technique de coaching du XXIème siècle : on voit bien qu’on est loin du mage austère à cape ondoyante : "dormez, je le veux…"

Remerciements à Kevin Finel, psychothérapeute, coach, formateur en hypnose www.arche-hypnose.com

Séances publiques d’hypnose ericksonienne et d’autohypnose, un lundi sur deux.

Mathieu Doumenge   18/11/2008   Partager   Commenter   2 commentaires   Retour en haut de page
Tags associés a l'article : hypnose, relaxation, méditation, bien-être, psychisme, psyché
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Vos commentaires

redacsmooze

Re : Heart Math

Bonjour. A priori les deux pratiques n'ont pas vraiment de point commun, le Heart Math s'appuie apparemment sur un concept appelé "de cohérence" entre coeur physique et coeur émotionnel, tandis que l'hypnose ericksonienne est une technique qui s'adresse directement à l'inconscient et prétend régler une large gamme de problématiques. Mais merci pour votre question, cela pourrait faire une belle idée d'article !

Invité

Heart Math

Est ce que l'hypnose "moderne" ne s'apparente pas un peu au "Heart Math" developpé depuis une vingtaine d'années aux Etats-Unis? Cette technique consiste a se concentrer sur son coeur (par la respiration, la relaxation) et de laisser remonter ses émotions et blocages, partant du principe que le "coeur" (la notion ressemble fort à l'inconscient) ne ment pas.

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