Vous êtes ici :Accueil > Bien-être

Prendre du poids : pas une mince affaire

Prendre du poids, ce n’est pas si évident, et cela peut même s’avérer très problématique. La plupart du temps, ce sont les conseils minceur qui ont la faveur d’un grand public toujours plus obsédé par sa ligne. Qui se préoccupe alors de celles et ceux qui n’arrivent pas à prendre du poids ? L’avis d’une spécialiste de la question…

  Partager   Imprimer   Commenter   2 commentaires   Note: 1
Prendre du poids : pas une mince affaire
© iStock

Obésité, surpoids, dictature de la minceur, carences diverses, régimes miracles, substituts de repas douteux, expériences diététiques improbables, gourous du bien-être plus ou moins qualifiés… en cette époque de crise où la guerre semble déclarée entre notre assiette et notre silhouette, où la qualité notre alimentation est de plus en plus fréquemment mise en péril et où nous avons de plus en plus de mal à reprendre possession de notre corps, on parle assez peu de ceux d’entre nous qui n’arrivent pas à prendre du poids. Si nous sommes nombreux à devoir lutter contre les risques de surcharge pondérale, une frange non négligeable de la population, pour des raisons diverses, se bat pour prendre un petit kilo, pour étoffer sa silhouette ou pour renforcer son organisme. Un vrai problème, souvent pris à la légère, banalisé, voire totalement négligé par les grands médias, mais qui peut se révéler vraiment handicapant pour celles et ceux qui en souffrent (dont le nombre exact est difficile à évaluer). Pour en savoir plus sur les causes, les effets et les solutions de ce vaste sujet, nous avons interrogé Camille Vatier, interne en médecine à Paris, en dernière année de spécialisation en endocrinologie, diabétologie et nutrition.

Loin des diktats actuels de la minceur, il existe des gens dont le malheur est de ne PAS arriver à prendre de poids. Comment identifiez-vous les personnes qui souffrent de ce problème ?

Pour ne pas tout confondre, il me parait essentiel de bien définir les choses : la maigreur est quelque chose de subjectif puisque le squelette de base est plus ou moins lourd selon les individus. Il en existe une définition médicale : indice de masse corporelle (poids en kilos / taille en mètre) inférieur à 18. Le monde médical distingue les causes physiologiques, les causes psychologiques et les causes constitutionnelles à l’état de maigreur. Il convient avant toute chose de savoir dans quel cadre on se situe pour proposer une prise en charge adaptée, et rassurer la personne.
La minceur ne préjuge pas d’un état de santé altéré si on est en pleine forme : dans certaines familles on a tendance à être maigre tandis que dans d’autres on est enveloppé. Chez une femme, la minceur n’est pas pathologique tant qu’elle continue à être réglée.

Il faut bien différencier les trois types de maigreur :
•    Les maigreurs d’origine psychogène qui se révèlent à un moment donné de la vie (= toujours acquises), qui concernent à 90% les femmes, qui sont liées à des restrictions alimentaires psychologiques, à une hyperactivité (pour dépenser plus) ; le plus souvent les personnes touchées par cette maladie sont dans le déni et ne recourent pas à une aide médicale.
•    Les maigreurs d’origine organique, c'est-à-dire liées à un dérèglement d’organes (pathologies endocriniennes, générales, infectieuses, inflammatoires…) : là encore, il existe une cassure avec l’état antérieur puisque la cause est acquise, il existe le plus souvent d’autres symptômes qui conduisent à une prise en charge médicale.
•    Les maigreurs constitutionnelles, qui correspondent à un état de base, inné, avec une dépense calorique de base plus élevée que la moyenne. Il s’agit là d’un état normal, sans obsessions pour maigrir ni symptômes associés, ni anomalie hormonale ; il s’agit de personnes qui spontanément ont un appétit plus important que les autres (pour combler cette dépense énergétique de base augmentée), mais qui restent maigre. Ce sont ces personnes là qui souhaitent prendre du poids souvent sans succès. Elles ne recourent pas ou peu au monde médical puisqu’il n’y a pas de pathologie sous jacente, néanmoins, souvent inquiètes de cette maigreur contre laquelle elles ne peuvent rien et du fait de la méconnaissance de cette variante de la normale dénommée "maigreur constitutionnelle", elles réalisent un "bilan" avec leur médecin traitant pour éliminer une autre cause de maigreur. Il n’y a donc pas de chiffres quant aux nombres de personnes concernées. Il semblerait néanmoins qu’il s’agisse plus d’hommes que de femmes, et que ces personnes souffrent de ne pas être prises au sérieux et de l’incompréhension du monde environnant.

Je ne parlerai désormais que des personnes souffrant de maigreur constitutionnelle, car les autres concernent des pathologies qui doivent être soignées de façon appropriée pour espérer prendre du poids et ne pas altérer l’état général.
La cause majeure de la difficulté à prendre du poids est inhérente à l’individu : il s’agit d’un état de base, naturel de dépense énergétique élevée.
D’autres facteurs peuvent contribuer à cette difficulté à prendre du poids : des troubles digestifs, des allergies alimentaires, des maladies intercurrentes, mais ces causes là font passer relativement vite dans la catégorie maigreur pathologique…

Prendre du poids : pas une mince affaire
© iStock

Y a-t-il un lien direct (positif ou négatif) entre la difficulté à prendre du poids et l’activité physique ? Lorsqu’on parle de "prendre du poids", le médecin traite-t-il la masse graisseuse et la masse musculaire différemment ? Faire du sport peut-il être contre-indiqué ?

L’activité physique est une source de dépense énergétique importante. Elle entre donc en compte lorsque l’on parle d’équilibre alimentaire, cet équilibre devant faire correspondre les apports et les dépenses.

Dans les maigreurs psychogènes (mais je ne m’étendrai pas car le plus souvent les personnes souffrant de cette maladie ne souhaitent pas réellement prendre du poids, ou tout du moins n’assument pas une prise de poids, et elles ne correspondent pas à notre sujet), il existe une majoration de l’activité physique pour que l’équilibre soit déplacé vers les dépenses énergétiques afin de maintenir l’état de maigreur.
Dans les maigreurs organiques, les autres symptômes sont souvent au premier plan avec la fatigue qui limite la réalisation de l’activité physique. La maladie sous jacente consomme beaucoup d’énergie, déplaçant là encore l’équilibre énergétique vers les dépenses.
Dans les maigreurs constitutionnelles, indépendamment de l’activité physique, les dépenses énergétiques sont importantes, et supérieures aux apports pourtant non négligeables par rapport aux autres individus. En cas d’activité physique, comme n’importe quelle autre personne, le corps enverra des signaux pour augmenter l’apport énergétique et combler ainsi l’augmentation des dépenses par l’activité. Mais nous sommes toujours dans la normalité, et il n’y a donc pas de lien avec l’activité physique à proprement parlé.

Les personnes maigres de nature ont surtout un déficit de masse grasse. Lorsque l’on parle de "prendre du poids", on ne peut pas dissocier le gras du maigre car ces deux types de masses doivent rester en équilibre si l’on veut rester dans le normal (et ne pas tomber dans le body-buildé ou le grassouillet). On recommande donc toujours de maintenir une activité physique de base pour ne pas perdre la masse musculaire. Pour prendre du poids, il faut modifier l’équilibre alimentaire, donc l’un de ces deux composants : apport énergétique et dépenses. On ne recommandera jamais d’augmenter les apports et de diminuer les dépenses en même temps pour préserver ce capital gras et ce capital maigre indispensables à notre survie.
En cas de maigreur constitutionnelle, j’insiste sur le fait que le sport n’est pas contre indiqué, puisqu’il ne s’agit pas d’une maladie mais d’un "extrême du normal". La personne contre balancera naturellement cette augmentation des dépenses par une augmentation des apports (augmentation de la faim…).

Lorsque quelqu’un n’arrive pas à prendre de poids, quelles peuvent être les conséquences sur sa santé ? Les carences éventuelles ? A partir de quand se trouve-t-on face à une situation alarmante ?

Là encore, en cas de maigreur constitutionnelle, l’individu mange normalement (voir même plus qu’un autre individu moins maigre). Il n’y a donc pas de risque de carence. Mais j’insiste sur l’importance de bien savoir de quel type de maigreur on parle, car une maigreur psychogène, due à une augmentation de l’activité physique et à des restrictions alimentaires (aliments gras supprimés de l’alimentation etc.) a un risque de carence important.

Prendre du poids : pas une mince affaire
© iStock

Quels sont les différents moyens existants pour prendre du poids ? Mode d’alimentation adapté à la personne, traitement, compléments alimentaires, activité physique, suivi psychologique ?

J’espère que vous pourrez répondre à cette question pour moi maintenant ! Prendre du poids quand naturellement son corps dépense beaucoup d’énergie (même au repos) n’est pas chose aisée… Il ne faut pas diminuer son activité physique pour diminuer ses dépenses car celle-ci préserve la masse musculaire, et est excellente pour notre santé psychique (sensation de bien être). Il n’y a pas d’autres solutions que d’augmenter ses apports alimentaires, mais quand on a déjà tendance à bien manger, manger d’avantage risque de provoquer un inconfort gastrique, des troubles digestifs, comme n’importe qui qui mangerait trop ! Néanmoins, il faut essayer de manger des aliments riches en caloriques (gras et sucré) si on veut vraiment tenter quelque chose. Pour ce qui est des compléments alimentaires, ils coûtent plus chers que les aliments de base, ils ont l’avantage d’être concentrés en énergie, mais tout cela est une question de goût et de portefeuilles…
Se forcer à manger est ardu… prendre du poids est encore plus difficile pour un maigre que pour un "gros" d’en perdre.  

Hommes et femmes sont-ils inégaux dans ce domaine ? Quelles sont les différences dans les causes, comme dans les modes de traitement ?

En fait les hommes et les femmes ne sont pas inégaux dans ce domaine, mis à part que les hommes semblent plus nombreux à être naturellement maigres, la difficulté de prise de poids reste la même. Il n’en reste pas moins une différence psychologique notable, il est plus facile dans le monde actuel d’être maigre pour une femme que pour un homme (dont l’image musclée reste de mise).

Que conseilleriez-vous à nos lecteurs et lectrices qui n’arrivent pas à prendre du poids et qui désespèrent ? Qui consulter en premier ?

Je conseillerais en premier lieu de bien identifier leur type de maigreur pour pouvoir la prendre en charge.
En cas de maigreur sans cause sous jacente, je leurs conseillerais de se rassurer : il n’y a pas plus de danger pour eux que pour quiconque, pas de contre indication à l’activité physique, pas de risque de carence, pas d’impératif à prendre du poids. Prendre du poids est difficile et nécessite de manger plus, ou en tous cas plus de caloriques. Mais il faut s’accepter tel que l’on est… alors si la situation est désespérante, il faut avoir un soutien psychologique pour arriver à s’accepter et vivre mieux.

En résumé : en cas d’angoisse majeure, ne pas hésiter à voir son médecin traitant pour éliminer une cause sous jacente, puis soit accepter les choses, soit se faire aider par un psychologue pour vivre bien !
Pour les autres types de maigreur, la prise en charge doit être médicale et passer par le médecin traitant pour être bien orientée.

Mathieu Doumenge   16/10/2007   Partager   Commenter   2 commentaires   Retour en haut de page
Tags associés a l'article : regime, prendre du poids, maigrir
Partager cet article OU

Vos commentaires

Invité

programme poids

dans le programme que je diffuses il y a 30 minutes d'exercices physiques par jour : ce peut être une marche, un peu de vélo, le jardinage : pas forcemment du sport mais une façon de faire bouger son corps comme prendre plus souvent l'escalier à la place de l'assenceur, ensuite un apport en protéines et boire entre 1,5 à 2 litres d'eau par jour.

jeudi 07 février 2008 à 11:10:25

Invité

prendre du poids

Il faut voir car il faut prendre du poids quand on en a pas assez mais pas n'importe comment : l'idéal serait de prendre en masse musculaire ce qui exclut de manger n'importe quoi ou du moins des nourritures qui augmentent la masse graisseuse, un apport en protéines serait efficace.

jeudi 07 février 2008 à 11:01:48

Commenter l'article



publicitePUBLICITE
newsletter

> Tous les articles de la rubrique

Ils ont réagi sur le forum

adieu cholestérol !

vendredi 25 juillet 2008 par messaline

"Bonjour tout le monde ! je viens d'apprendre par mon médecin que mon cholestérol est un peu élevé..."

Que manger à 16 h ?

jeudi 15 mai 2008 par nagoya

"Bonjour ! Pour un bon petit goûter équilibré, qui'est il conseillé de manger ? :smile: "

Dur dur de faire du sport à Paris..

dimanche 18 novembre 2007 par loulou

"j'aimerai bien faire un peu de sport sur Paris sans etre obligé de m'abonner à certains clubs qui..."