> Coup pour couple
On a parfois le tort de penser que les sports de combat sont réservés aux hommes ("pas de chichis sur le tatami"). Or il s’avère que les femmes peuvent pratiquer le kung-fu, la boxe thaï ou autre, et que ces disciplines peuvent même s’exercer en couple. Une championne nous le confirme : à deux aussi, on peut faire ceinture (noire).
Pas la peine de s’appeler David Douillet, Bruce Lee ou Jean-Claude Van Damme pour porter le kimono. Pas la peine non plus d’être un homme, un dur, un vrai, pour pratiquer le coup de pied retourné et la technique du dragon. Les femmes aussi sont les bienvenues sur les tatamis, et qu’on se le dise, les arts martiaux sont même praticables en couple ! C’est en tout cas ce que nous prouve Mélanie : à 25 ans, cette championne de kung-fu (deux fois championne de France, une fois vainqueur de la Coupe de France, entre autres trophées) récemment convertie à la boxe thaï, s’entraîne depuis plusieurs années avec son compagnon, instructeur et champion comme elle. Pour MySmooze, elle a accepté de donner un aperçu plus intime de l’univers des sports de combat.
C’est bon pour le moral
Mélanie, amatrice d’arts martiaux depuis de nombreuses années, avoue qu’elle a toujours eu envie de pratiquer un sport de combat. Pas par violence, mais dans l’idée qu’une fille "soit capable de se défendre seule, ou même de battre des garçons". Franchir le pas s’est avéré être une véritable révélation. Après huit ans d’exercice intensif du kung-fu au plus haut niveau, elle admet que "cette discipline permet de développer plus de confiance en soi, d’assurance. On se sent plus forte, mais cela apprend aussi la persévérance, le perfectionnisme, le goût du travail, voire un certain acharnement." Autant que qualités qui peuvent s’avérer fort utiles dans la vie de tous les jours, surtout pour une femme. "Pour autant, nuance Mélanie, les arts martiaux enseignent aussi l’humilité, car on sait qu’on trouvera toujours plus fort que soi, plus doué. Plus on avance et plus l’on se rend compte de ses lacunes, de ses limites, et cela peut aussi devenir une source de pression."
Au rayon des vertus des arts martiaux et sports de combat, Mélanie met un point d’honneur à souligner l’aspect très complet d’une discipline comme le kung-fu : "c’est une discipline qui peut être très exigeante physiquement, mais qui permet vraiment de repousser ses limites. En s’entraînant, on se sent vivante, on a l’impression de mieux maîtriser son corps et de le renforcer. Pour moi qui suis assez hypocondriaque à la base, la pratique du kung-fu m’a permis de me sentir plus forte, plus solide. Attention tout de même à ne pas abuser des entraînements, qui peuvent en excès, s’avérer néfastes pour le corps, notamment les articulations, le dos… surtout chez les filles ! Et puis on peut aussi avoir des bleus et développer une imposante musculature, ce qui pour certains, n’est pas très féminin…"
Aujourd’hui "convertie" à la boxe thaï, Mélanie avoue que ce sport de combat est peut-être moins indiqué pour les débutantes : plus rude a priori, plus masculin aussi, tandis que le kung-fu, par ses nombreuses écoles, variantes et options de pratique (on peut se concentrer sur la technique sans passer par la compétition), est capable de répondre aux différentes attentes des combattantes en herbe. Attention tout de même au choix du club, car les qualités d’enseignement sont souvent très disparates (pour plus d’infos, voir le site de la fédération).
It’s a Man’s Man’s World
Si les arts martiaux comme le kung-fu, voire même la boxe thaï pour les plus coriaces, sont tout à fait accessibles aux femmes, cela ne veut pas dire que c’est facile. "C’est tout de même un univers très masculin, souligne Mélanie. Les hommes étant par nature plus athlétiques, ils ont plus de facilité à se soumettre aux exigences de telles disciplines. Ils sont peut-être aussi plus portés sur la bagarre… De fait, les arts martiaux sont surtout un monde d’hommes, et ce n’est pas toujours simple pour une femme de s’y intégrer. Les garçons avec lesquels on s’entraîne peuvent avoir l’impression de perdre leur temps, de ne pas progresser avec nous. Il n’y a qu’en s’entraînant dur et en atteignant un certain niveau qu’une femme sera vraiment considérée et respectée."
Alors, macho, le monde des arts martiaux ? "Pas forcément, nuance Mélanie, mais il est clair que si l’on y va en dilettante, sans l’envie de progresser, on sera sans doute mise à l’écart. Surtout en boxe thaï qui est un sport de combat dur, éprouvant, où on est obligée de se battre ! Certaines pratiques, comme la boxe anglaise, peuvent être carrément misogynes… En revanche, il y a un avantage au fait d’être une femme. Comme nous ne sommes pas nombreuses, lorsqu’on s’investit pleinement, on peut vite progresser, gagner des titres, et du coup se voir valorisée, voire même bénéficier d’un petit traitement de faveur. Il faut travailler dur bien sûr, mais au final, la sélection est moins drastique que pour les hommes. C’est pratique parfois, d’être une fille !"
Mon tatami, mon p’tit ami
Mais là où les choses se compliquent, c’est quand l’amour s’en mêle. Même si les filles sont peu nombreuses en arts martiaux, il est évident que derrière chaque kimono, il y a un cœur qui bat, et que de belles romances peuvent se cacher derrière les protège-dents. Mélanie reconnaît que le mélange des genres (sport de combat VS vie privée) a ses avantages et ses inconvénients : "j’ai rencontré mon copain sur les tatamis. Depuis longtemps il voulait devenir instructeur de kung-fu, et de partenaire, je suis devenue son élève. Et ce n’est pas toujours facile à gérer, bien sûr. Le bon côté, c’est de partager la même passion. Un sport pratiqué de façon intensive et à haut niveau peut consommer beaucoup de votre temps, et donc prendre de celui passé avec votre compagnon. Là, nous avons l’avantage d’avoir le même centre d’intérêt, d’aller aux mêmes entraînements, donc il s’agit d’un vrai partage, alors que pour certains cela pourrait créer de la distance."
Et les inconvénients alors ? "Le premier inconvénient peut venir de la différence de niveau, admet Mélanie. Pas de niveau réel, mais de niveau relatif. Chez les hommes, la concurrence est plus rude que chez les femmes. Ils ont plus de pression au niveau de la compétition, et il leur est donc plus difficile, logiquement, de remporter des titres. Cela peut donc créer une rivalité, lorsque l’un "réussit" mieux que l’autre. Le fait que l’un soit apparemment "meilleur" peut poser des problèmes d’ego, surtout chez les hommes. Mais il y a aussi la perception de l’autre qui entre en jeu : même lorsqu’on pratique un sport de combat, nous les femmes, on a envie d’un partenaire fort et protecteur, donc si l’on se sent plus forte que lui, il y a maldonne."
Ce n’est heureusement pas le cas de Mélanie. "En revanche, précise-t-elle, le fait de s’entraîner ensemble peut avoir des effets pervers à la longue. Il arrive que nos disputes privées influent sur l’entraînement, il arrive aussi que votre partenaire soit plus exigeant avec vous, plus dur, moins patient… mais aussi plus fier, heureusement, quand vous réussissez quelque chose de bien ! Le fait de passer tout notre temps ensemble peut devenir aussi un inconvénient. C’est d’ailleurs pour cela que mon copain s’est mis à la boxe thaï. Mais pas de chance pour lui, j’ai eu le coup de cœur et m’y suis mise aussi ! L’envie de relever de nouveaux challenges…" Au final, si Mélanie n’idéalise pas le fait de pratiquer un sport de combat en couple, elle n’en dresse pas un tableau trop négatif : "il faut savoir faire la part des choses, que cela reste une passion partagée sans devenir une source de tension ou de rivalité. Je ne crois pas que cela puisse servir d’exutoire aux tensions éventuelles dans le couple. Mais si l’on s’y prend bien, cela peut créer des situations différentes et originales, très bénéfiques pour le couple !" Alors, prêts à remplacer vos pantoufles par un kimono ?
Visitez le site de la fédération
Visitez le site du club de Mélanie
| Par Mathieu Doumenge | 02/07/2008 | ![]() |
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2 commentaires |
Ceinture marron de Judo... | posté par Inconnu
02/07/2008
Les années d'expérience de judo sont restées marquées à jamais... je suis motarde et lors d'une chute de moto... l'instinct est de tout de suite savoir se ramasser et rouler sans se faire très mal... ou encore une chute dans un escalier de métro après avoir été poussée... très bon également pour un trop plein d'énergie que l'on cherche à canaliser... Muriel B
Boxe | posté par ariane
02/07/2008
La boxe m'a permis, malgré la "violence" de ce sport, de me retrouver, d'apprendre à maîtriser mon corps, mon énergie. Cette énergie exacerbée pendant quelques heures par semaine permet d'apaiser son esprit, de se sentir plus calme, plus pondéré. Grand bénéfice !









