
> La migraine, en tête de tous les maux
La migraine n’est pas un simple mal de tête. C’est un mal persistant, chronique et violent qui affecte la vie de près de 7 millions de Français, qui a des répercussions sur leur vie quotidienne et celle de leur entourage. C’est aussi un mal méconnu, souvent sous-estimé par la médecine. Pour en savoir plus sur cette tempête sous un crâne, voici quelques éclairages.
7 millions de personnes affectées en France. 12% de la population. Et sans doute davantage, tant les informations autour de la question restent imprécises. La migraine serait-elle le grand mal de notre époque ? Identifiée dès l’Antiquité par le médecin grec Galien, cette affection se définit généralement comme une douleur occupant la moitié du crâne (d’où l’origine de son nom), avec possibilité de bascule vers l’autre hémisphère crânien, et accompagnée de symptômes caractéristiques : douleur et raideur dans la nuque, pulsations aux tempes, douleur oculaire, intolérance à la lumière et au bruit, nausées, vertiges et vomissements, fourmillements, difficultés pour parler, voire troubles neurologiques dans les cas les plus aigus. Maladie chronique, difficile à soigner car aux origines souvent confuses, elle déroute la médecine et handicape souvent gravement le quotidien de ceux qui en souffrent.
La migraine est en effet un fléau qui peut avoir de sérieuses répercussions sur notre vie privée et professionnelle, un fléau qui peut tous nous toucher, à n’importe quel âge. Et pourtant, aujourd’hui, beaucoup de malades doivent déplorer un traitement inapproprié ou une information erronée, et se voient réduits à porter ce fardeau sans véritable espoir de rémission. Pour essayer d’apporter un éclairage sur ce sujet littéralement douloureux, nous avons sollicité le concours de M. Serge Liberman. Ostéopathe et kinésithérapeute, il est spécialisé depuis près de 35 ans dans le traitement des migraines, en particulier les migraines d’origine cervicale. Parti en croisade pour soigner, informer et orienter les migraineux de tous âges, il nous fait profiter de son expérience.
Prise de tête
La première difficulté attenante à la migraine concerne son origine, pas toujours facile à identifier. Avant toute chose, il s’agit de distinguer les migraines d’origine cervicale et les migraines d’origine vasculaire. Serge Liberman, plutôt spécialisé dans la première catégorie, avance un chiffre : 60% des migraines - minimum - seraient d’origine cervicale, et les 40% restants se composeraient de migraines vasculaires.
Dans le premier cas, il s’agit essentiellement de migraines post-traumatiques, engendrées par un coup du lapin, un coup de fouet cervical, dans le cadre d’un accident domestique, d’une chute, d’un choc sportif ou d’un accident de voiture. Des événements qui, selon M. Liberman, sont de plus en plus fréquents et contribuent largement à l’augmentation du nombre de migraines.
Dans le deuxième cas, il s’agit de migraines provoquées par une dilatation des vaisseaux sanguins : selon les interprétations, on penche pour les vaisseaux de l’enveloppe du cerveau ou pour les vaisseaux sous-cutanés du crâne (en référence aux tempes qui pulsent sous le débit sanguin en cas de migraine). Mais il y a encore débat pour déterminer si cette dilatation des vaisseaux sanguins est la cause ou plutôt la conséquence d’une migraine qui trouverait son origine encore ailleurs, dans une inflammation du système nerveux périphérique par exemple… On parle encore, parfois, de céphalées de tension, pour désigner des douleurs d’origine inflammatoire, circulatoire ou mécanique qui entraînent des contractures musculaires de la base du crâne et de la figure…
Bref, on le voit, la migraine a des origines assez difficiles à cerner. La plupart du temps, les médecins demandent à leurs patients migraineux de noter consciencieusement tous les événements qui ont précédé une crise, mais il est bien rare de trouver des recoupements concluants. Beaucoup de paramètres restent ignorés, même si l’on écarte catégoriquement toute origine psychosomatique : contrairement à ce que voudraient avancer certains, la migraine n’est pas une maladie créée par le patient !
Si la migraine vasculaire est sans conteste délicate à cerner par ses origines, la migraine d’origine cervicale n’est pas à prendre moins au sérieux, car elle peut apparaître plusieurs mois après un choc, parfois même anodin ; et bien souvent la médecine a tendance à négliger la piste post-traumatique pour se concentrer sur des traitements inappropriés. Le patient traîne alors son mal pendant des mois, voire des années, sans trouver de solution.
Tête à tête
En se concentrant essentiellement sur des migraines d’origine vasculaire et sur des solutions médicamenteuses (nous y viendrons plus loin), la médecine générale a donc longtemps négligé (et continue à de nombreux égards) la dimension post-traumatique de la migraine, qui est pourtant beaucoup plus répandue qu’on le croit. Pour Serge Liberman, il n’est donc pas étonnant que la médecine générale peine à trouver les réponses idoines. On associe aussi volontiers les migraines aux cycles menstruels. Or il s’est vérifié que les migraines interviennent aussi hors période menstruelle, sous des dosages hormonaux radicalement différents, et avec des symptômes identiques… La chose est donc plus complexe qu’il n’y parait.
Il n’en demeure pas moins que les femmes constituent environ 90% de la population migraineuse française. Etonnant ! Pour Serge Liberman, l’explication est d’abord purement statistique : les femmes, de manière générale, ont un suivi médical plus soutenu que les hommes, elles sollicitent plus tôt, plus souvent et plus facilement l’accès aux soins. L’autre explication, plus médicale, tient au fait que naturellement, et habituellement, les femmes se fabriquent une structure musculaire moins tonique et solide que les hommes ; à choc égal, les muscles de la femme résistent donc moins bien, et cette dernière s’en voit davantage exposée aux traumatismes.
Si les femmes sont les plus concernées par la migraine, on ne distingue pas, en revanche, de tranche d’âge ou de catégorie socioprofessionnelle plus concernée qu’une autre. C’est un mal qui peut toucher chacun, à n’importe quel moment. De sa propre expérience, Serge Liberman retient que les patients peuvent avoir de 5 ans (bien que l’intensité est plus faible chez les enfants) à 60 ans (bien qu’on constate que l’intensité et la fréquence des crises diminue avec l’âge, sans doute à cause d’une perte de sensibilité générale), et que les migraines peuvent venir aussi bien d’un accident de voiture, même bénin, que d’une chute en faisant du sport ou même… d’une naissance au forceps.
Ce qui demeure certain, et commun à tous les migraineux, c’est l’impact que peuvent avoir les crises sur la vie quotidienne. La migraine est un mal récurrent, chronique, qui peut frapper à n’importe quel moment, y compris en plein sommeil (alors que le sommeil est bien souvent le seul refuge du patient), et qui a sur le long terme des conséquences très sérieuses. Chez la plupart des patients qu’il a soignés en trois décennies, Serge Liberman a constaté les mêmes dommages collatéraux : dégradation de la vie familiale et sociale (la migraine empêchant de partager du temps avec ses enfants ou ses amis), de la vie intime et sexuelle (on a même constaté une migraine post-coïtale chez certains hommes, l’orgasme déclenchant une douleur cervicale), fatigue intense et persistante, baisse de la concentration dans les études ou au bureau, voire incapacité totale de travailler, pouvant entraîner un échec scolaire ou une perte d’emploi… Certains enfants en viennent parfois à simuler la migraine par mimétisme envers leur parent souffrant… N’oublions pas non plus les répercussions matérielles : dans le cas des migraines occasionnées par les séquelles d’un accident de voiture, bien souvent les assurances refusent de couvrir les soins car les symptômes apparaissent plusieurs semaines après le choc.
Coup de tête
Comment soigner cette maladie tenace et fluctuante ? Les remèdes de grand-mère, poche de glace et sommeil dans le noir total, ne font pas longtemps illusion. Par ailleurs, les patients ne croient parfois avoir que de simples "maux de tête" trop fréquents, ou bien, face à l’ampleur de la douleur, s’imaginent tout de suite victimes de méningite, voire pire encore (alors que la migraine ne s’accompagne pas de fièvre). Ils ne savent donc pas toujours comment réagir…
La plupart du temps, en réponse à des migraines qu’ils identifient (à tort ou à raison) comme d’origine vasculaire, les médecins prescrivent des anti-inflammatoires, des antalgiques, et plus fréquemment en traitement ciblé, de la dihydroergotamine (médicament dérivé de l’ergot de seigle, remède trouvé au XIXème siècle), voire dans les cas extrêmes, de la morphine. Plus l’intensité et la fréquence des crises est importante, plus la prise de médicaments est soutenue, avec des risques d’effets secondaires déplaisants (effets "shootants" notamment), de surdosage, voire dans beaucoup de cas, d’automédication. Il faut préciser qu’il y a près de 200 médicaments existant contre les migraines et céphalées ! De quoi s’y perdre ou s’y tromper…
De l’avis de Serge Liberman, beaucoup de patients, mal suivis, mal traités ou tout simplement découragés face à la persistance de leur mal, jettent carrément l’éponge et subissent leur migraine des années durant, sans espoir de rémission. D’autres, effrayés par la médication (certains traitements sont affiliés à ceux combattant la dépression ou l’épilepsie), refusent de se soigner correctement. Les médecins aussi baissent parfois les bras, face à cette maladie chronique, tenace, qui peut être contenue sans être jamais vraiment guérie… M. Liberman souligne aussi le déficit d’information sur le sujet, les spécialistes internationaux ne se réunissant que tous les quatre ans et négligeant bien souvent l’aspect post-traumatique de la migraine.
C’est ici que Serge Liberman prêche pour sa paroisse : selon lui, les soins en ostéopathie et chiropractie, apportent des résultats probants là où les traitements classiques échouent souvent. En travaillant sur les cervicales ou les dorsales, les praticiens arrivent à diminuer de 60% à 80% la fréquence et l’intensité des crises. 100% dans des cas exceptionnels. Mais pour les patients, il s’agit bien souvent d’une amélioration inespérée… De l’avis de M. Liberman, un traitement idéal s’étale sur 10 à 25 séances, pour une amélioration sur la durée, avec un suivi régulier. Une rechute n’est jamais à exclure, c’est pourquoi il est important de se faire soigner et manipuler assez souvent par un bon praticien. En bon professionnel, Serge Liberman reconnaît toutefois, que l’ostéopathie ne se suffit pas à elle-même et que l’avis d’un spécialiste neurologue reste indispensable pour espérer améliorer sa situation.
Mal du siècle, la migraine ? Souvent sous-estimée et dédaignée, elle fait pourtant des dégâts dans la vie de ceux qui en souffrent. A tous ceux-là, il est important de rappeler qu’à défaut d’être vaincue, cette affection peut être domptée, à condition de s’informer, de chercher patiemment les origines des crises, et de savoir trouver de nouvelles solutions lorsque celles proposées par la médecine générale se révèlent limitées.
Le site de Serge Liberman
Le site Association France Migraine
| Par Mathieu Doumenge | 02/09/2008 | ![]() |
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6 commentaires |
la migraine en tete de tous les maux | posté par Inconnu
02/09/2008
Enfin un article qui décrit la migraine et ses malaises. Je suis souvent sujette aux migraines et mon remède à moi a été supprimé. Le sucre dans la café, c'est tout bête mais c'est la seule solution qui marche pour le moment. 80 % des migraines ont disparu et mes crises étaient très fortes et insurmontables : nausées, vomissements. Je ne supportais ni le bruit ni la lumière. Un enfer… Mes migraines étaient causées par le stress, le soleil, le bruit, la conduite et par bien d'autres choses encore. C'est un vrai handicap et des traitements très lourds sont parfois nécessaires pour faire disparaitre ou atténuer ces douleurs. Aujourd'hui encore mes migraines sont très violentes, mais plus rares. Avant cette solution, c'était 2 à 3 fois dans le mois. C'est déjà une belle victoire. Mais malheureusement, ma mère et mon fils ont aussi des migraines
à propos des migraines | posté par Inconnu
02/09/2008
je pense qu'il ne faut pas exclure d'emblé les facteurs psychologiques surtout que vous avez parlé de post traumatismes.
la migraine je connais | posté par Inconnu
02/09/2008
je soulage la migraine par des massages...
Plus de 20 ans de migraines ! | posté par Inconnu
02/09/2008
Une maladie réelle qui n'intéresse personne. Qui vous ronge et vous empêche de vivre correctement. Consultations, traitements multiples, scanners, IRM, neurologues, médecine douce, centres anti-douleurs etc etc, pour au final en arriver à un seul mot d'ordre SOULAGER et non TRAITER ! De la poudre aux yeux... rien de plus. Merci M. Liberman de vous intéresser à nous et de nous écouter.
MIGRAINE | posté par Inconnu
02/09/2008
je soulage mes migraine avec alm ogran, cela me soulage au bout de 30 minutes environ, surtout quand ça m'arrive au travail. Je fais de la kiné, mais ça ne me soulage pas trop. Je vais passer un scanner et une IRM et voir le neurologue pour avoir un traitement adéquat. Quand j'ai vraiment de grosses crises, mon médecin me les soulage par infiltrations, et pendant au moins une semaine, pas de mal de tête ni de migraine. Je vous souhaite bien du courage O migraineux.
l'apprehension de la migraine | posté par Inconnu
02/09/2008
dés qu'elle arrive, je sais que j'en ai pour 3 jours en moyenne, et ça, tous les mois. Ma gynéco me dit qu'il faut être patiente, et qu'il faut que l'on trouve ensemble le médicament qui me conviendra. Pour l'instant, c'est l'Almogran©, mais après je suis un peu "shootée". On voit bien que les médecins sont impuissants et que l'on doit prendre notre mal en patience.








