
Le shiatsu, technique de massage japonaise, prend de l’ampleur en France depuis une dizaine d’années. Par de simples pressions avec les doigts, le praticien agit en profondeur sur le corps du patient afin d’y faciliter les flux d’énergie et ainsi le libérer de son stress et des douleurs qui l’accompagnent. Physiques ou psychiques, vos maux sont liés et n’ont aucun secret pour le shiatsu.

"Relax, take it easy". Pas impossible que Mika, nouvelle idole de la pop, ait composé cette chanson pendant une séance de shiatsu. Car si cette discipline est vieille de plusieurs siècles, les maux qu’elle soigne sont eux, on ne peut plus actuels. Stress, mal de dos, insomnie, autant de problèmes inhérents à la vie citadine et au travail de bureau et dont on peine à se débarrasser. Le shiatsu, littéralement "pression avec les doigts", agit sans distinction sur le physique et le psychologique et ce, aussi doucement que rapidement. Sylvie, 46 ans et pharmacienne en milieu hospitalier, est devenue une adepte de cette technique. Elle explique : "j'ai commencé le shiatsu en 2003, 18 mois après un décès dont j'avais beaucoup de mal à me remettre. J'avais déjà expérimenté la podoréflexologie en centre de thalassothérapie et j'avais pu mesurer les effets "énergétiques" puissants de cette technique. J'ai naturellement pensé que le shiatsu, appliqué à l'ensemble du corps en une technique plus douce et plus complète, devait être intéressante." Et comme bien souvent, essayer le shiatsu c’est déjà l’adopter.
Des résultats immédiats
Mais qu’est-ce que cette technique, encore méconnue et réservée à des initiés il y a 20 ans, a de si révolutionnaire ? Michel Odoul, précurseur de l’avènement du shiatsu en France, fondateur et président de l’Institut Français de Shiatsu et auteur de best-sellers comme Dis-moi où tu as mal : je te dirai pourquoi (Broché), nous explique concrètement les bienfaits du shiatsu. "Après une première séance de shiatsu, on a une sensation de détente et on a envie d’aller se coucher. Ensuite, au bout de quelque temps, on a l’impression de s’ouvrir, de mieux respirer, car lorsqu’on est en état de stress on bloque inconsciemment sa respiration. Enfin, le troisième effet est plus psychique, c’est la sensation d’être en paix, moins sous pression. L’esprit se relâche et on pense moins au lendemain."
Des propos confirmés par notre adepte, Sylvie. "Les effets immédiats sont une grande fatigue, même si cela peut paraître paradoxal, mais accompagnée d’une relaxation totale. Cette fatigue n’est pas vécue négativement, bien au contraire ! La nuit qui suit la première séance est souvent agitée, avec des fourmillements dans les jambes. Puis les nuits suivantes le sommeil est profond et très récupérateur. La fatigue, cause de consultation, cède quasi instantanément et le moral parallèlement remonte ce qui prolonge les effets. Les deux séances suivantes sont une consolidation de l’état général et du moral et après trois séances aucun besoin de continuer ne se fait sentir, on se sent en pleine forme, comme un retour de vacances." Une technique qui permettrait d’évacuer le stress comme on enlève ses vêtements, cela paraît trop beau pour être vrai. Remplacer deux semaines de vacances par trois séances de shiatsu, là ça ressemble carrément à un coup monté de la CIA. Pourtant…

"C’est vrai, le shiatsu ne nécessite pas plus de trois séances", insiste Michel Odoul. Une technique qui guérit des maux modernes et elle-même adaptée à nos vies de "Non, je n’ai vraiment pas le temps". Mais alors où est le piège ? Trois séances toutes les… semaines ? "Ensuite c’est une pratique de confort qui se met en place. Selon son mode de vie, l’individu peut revenir tous les trois mois s’il est particulièrement stressé". On tient peut-être le point faible, à Sylvie de nous le confirmer. "Mon rythme n’a rien de régulier, c’est en fonction de mon état général et des évènements psychologiques et physiques de ma vie. Lorsque s’installe une fatigue qui ne cède pas en respectant des cycles de sommeil suffisants, il est temps d’aller suivre trois séances de shiatsu. Mais il peut s’écouler 18 mois ou deux ans sans que j’y aille." Encore raté. Le shiatsu se pratique à la carte et n’a besoin d’aucun suivi particulier. Alors dites-nous tout. Comment ça se passe? On se fait hypnotiser? Quelle souffrance peut amener un pareil bienfait ?
Le shiatsu, proche de l’acupuncture
"Une séance dure entre 45 minutes et une heure, poursuit Sylvie. On est étendu sur le dos sur un matelas confortable au ras du sol, habillé mais sans chaussure. La séance commence par un échange sur les motifs de la consultation et les évènements de la vie qui pourraient expliquer les troubles somatiques. Puis la technique commence, d’abord au niveau du ventre par des pressions en des points précis puis tout au long du corps côté droit, puis côté gauche, sans oublier la plante des pieds, les épaules et le crâne. Même chose allongé sur le ventre pour travailler le dos. Les pressions sont douces, parfois sensibles lorsque les points touchés sont cause des dysfonctionnements. Souvent, aux deuxième ou troisième séances on peut s’endormir tellement la relaxation est intense et on termine toujours par une période de repos." Voilà qui doit vraiment être insupportable. Le shiatsu n’est ni plus ni moins qu’un acte de torture. "Cette technique permet de dénouer les tensions articulaires et musculaires, explique Michel Odoul. Comme elle s’appuie sur les points d’acupuncture, elle a un peu la même action et rééquilibre les flux vitaux."
Bon ça y est, force est de l’admettre, on est convaincu. Mais une question reste alors en suspens, si le shiatsu est bienfaiteur pour le corps comme pour l’esprit (à ceux qui ne croient toujours pas que les deux sont intimement liés, on ne peut plus faire grand-chose pour vous), peut-il tout guérir ? En d’autres termes, a-t-on besoin d’aller voir quelqu’un d’autre que son praticien shiatsu ?

Lorsque cette question arrive sur le tapis de sol, Michel Odoul reprend immédiatement le sérieux qui le caractérise. "Il est très important de ne pas se substituer aux médecins. Il est même du devoir de nos praticiens de renvoyer vers un généraliste ou un spécialiste car il serait illusoire et même dangereux de penser que le shiatsu peut tout guérir. C’est plus une préservation de l’état de santé, il ne lutte pas contre le symptôme, ce dernier est une information."
Des propos dans lesquels se reconnait parfaitement Sylvie. "Je n’ai jusqu'à présent eu recours au shiatsu que pour des problèmes somatiques liés à une difficulté psychologique, un épuisement nerveux. Mais s'il m'arrivait une maladie ou un désordre grave, j'associerais immédiatement le shiatsu à un traitement conventionnel pour en potentialiser les effets. La médecine orientale basée sur les méridiens d'énergie et la médecine occidentale doivent être complémentaires même si pour certains domaines l'une pourrait primer sur l'autre et inversement. A titre d'exemple mon mari qui souffrait d'une coxarthrose (plus de cartilage entre le fémur et la hanche) souffrait beaucoup et boitait lors d’une crise inflammatoire. Il est sorti d'une séance de shiatsu ne souffrant plus et ne boitant plus. Les effets n'ont duré que quelques jours mais il n'a pu continuer car il n'a pas de praticien près de chez lui." Médecine occidentale et shiatsu seraient donc complémentaires et, contrairement a ce que l’on pourrait penser, le shiatsu n’est pas du tout fermé à la médecine occidentale. C’est même plutôt l’inverse…
Vers la reconnaissance ?
Par l’intermédiaire de son Institut, Michel Odoul se bat au niveau européen pour que le shiatsu, au même titre que d’autres médecines alternatives, soit reconnu. "A travers mon institut je constate que le shiatsu connait une progression exponentielle depuis cinq ou six ans. Aujourd’hui nous formons 400 personnes par an alors qu’il y a 15 ans nous en formions 30. Et ces gens viennent de tous horizons. Des professionnels, kinés ou ostéopathes, viennent pour une reconversion, et 30% de nos élèves sont là pour apprendre à masser leurs proches et pratiquer le shiatsu chez eux. On voit aussi des médecins du travail, des entreprises et même des sportifs faire appel à nous pour des séances, c’est bien que le shiatsu a atteint une forme de reconnaissance. Être reconnu par les autorités permettrait de former plus de gens et surtout de faire le ménage dans la profession car si certains praticiens ne sont pas sérieux cela a tendance à créer un amalgame et tout le monde se retrouve dans le même sac".
Alors que le système de santé à la française est en pleine crise et qu’on parle plus souvent de déficit que de patient, il semble peu probable que ce soit vers cela que l’on tende. "Le shiatsu mériterait d’être encadré pour permettre un plus large accès, car son non remboursement est un frein à son développement. L’assurance maladie en serait largement bénéficiaire étant donné sa rapidité d’action, l’absence de médicaments et le non recours aux arrêts maladies." A bon entendeur…
Le site de la Fédération
Le site de l'Institut
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Vos commentaires
Invité
Recherche lieux de stages pour formations .
Etant masseur kinésithérapeute, et cherchant à m'améliorer dans l'apport que je peux amener auprès des personnes auprès desquelles j'ai la charge des soins, pourrais-je connaître sur la région de Montpellier, des lieux de formations sur cette technique ! Merçi déjà, Eric F.
mercredi 20 février 2008 à 22:27:07
messaline
Une découverte
Vous m'avez fait découvrir une nouvelle technique de relaxation et de massage. Je connaissais cette pratique seulement de nom. Ca donne envie de s'y mettre...
mercredi 13 février 2008 à 12:05:48
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Invité
stage pour formation sur montpellier
en réponse à Eric F. Il existe une école sur montpellier "shiatsumed" il y a un site sur internet où tu trouveras toutes les infos (moi je suis la formation de cette école sur marseille et c'est vraiment sérieux et complet) bonne chance. www.shiatsumed.com
jeudi 21 février 2008 à 20:18:02