Il y a dans le scénario coécrit par le réalisateur avec Julien Rappeneau, une ambition feuilletonesque louable, peu commune dans le cinéma français. Le désir, en peignant de multiples personnages et leur évolution durant une décennie, de mêler la petite et la grande histoire. De toute évidence, Barratier est plus à son aise dans l’intime que dans l’histoire. Ainsi, son talent de directeur de troupe est indéniable : à l’image de leurs personnages, les comédiens sont en parfaite osmose. Alors, bien sûr, on pourra reprocher à Barratier de reconduire ses acteurs dans leur rôle de prédilection : on pense en particulier à Gérard Jugnot, reprenant son emploi de Monsieur Batignole en français moyen d’abord tristement conformiste. Mais, ses personnages, s’ils ressemblent d’abord à des archétypes, évoluent ensuite, ce qui les dote d’une plus grande complexité. Ainsi, le Pigoil de Gérard Jugnot révèle un courage insoupçonné dans des circonstances troublées.
On regrettera d’autant plus que le film soit aussi évasif sur le plan historique et réussisse l’exploit de combiner deux défauts esthétiques a priori contradictoires : l’emphase et l’application. Faute d’un vrai regard sur la société et d’un style propre, Barratier ne parvient pas à peindre la fresque historique qu’il visait.
Dans un faubourg populaire du nord de Paris en 1936, l'élection printanière du gouvernement de Front Populaire fait naître les plus folles espérances et favorise la montée des extrêmes. C'est là que trois ouvriers du spectacle au chômage décident d'occuper de force le music-hall qui les employait il y a quelques mois encore, pour y monter un "spectacle à succès".
Le lieu sera le théâtre de la plus éphémère des belles entreprises.
Vos commentaires
heu | posté par Inconnu
c'est pas une critique ça, mais un autre résumé? elles sont où les critiques?