Judith a la cinquantaine séduisante. Femme équilibrée, elle dirige une émission de téléachat. Divorcée, elle vit seule, avec pour confidente sa soeur Irène, qui est la seule a connaître son secret : Judith s'offre régulièrement les services sexuels de jeunes gens, qu'elle choisit sur les sites d'escort d'Internet.
Elle rencontre ainsi Patrick, qu'elle apprécie pour sa gentillesse, son charme et sa simplicité. Or Patrick, en réalité Marco, est marié et profondément amoureux de sa femme Fanny, laquelle pense que son mari fait des chantiers.
Cette comédie sentimentale a dû faire un détour par le roman pour être tournée. Dans un premier temps, Josiane Balasko s'est vu refuser tout financement pour ce scénario jugé choquant. Il a fallu qu'elle passe par la littérature, édite son histoire chez Fayard, avec succès (200 000 exemplaires vendus), pour que des producteurs relèvent le défi.
Sociologiquement, Balasko fait preuve d'originalité et de courage en s'attaquant à cette peinture de moeurs (traitée également par Laurent Cantet dans Vers le Sud), évoquant un statut de femme libre, et son revers, la fatalité de la solitude. Elle biaise toutefois, transformant très vite le rapport entre le prostitué et sa cliente en histoire d'amour. Stylistiquement, on ne peut pas dire que la qualité de l'image soit sa préoccupation majeure. Et son procédé épisodique du filmage en DV, le rap de la petite peste ado est vite lassant. L'interprétation reste son atout. Avec le sens des situations, des répliques. Car Cliente est écrit et tourné pour faire rire (et/ou réfléchir), à partir de l'inversion des rôles du dominant sexuel, des scènes entre frangines, du crêpage de chignons entre la cliente du "cinq à sept" et l'officielle, cette dernière opérant une conversion inattendue, de l'irruption du sentiment, de la dérive.
Vos commentaires
Bon film | posté par Inconnu
Nathalie Baye est merveilleuse et nous fait oublier les petite maladresses de la mise en scène. A VOIR.....