En 1795 Jane Austen (Anne Hathaway) a vingt ans. Fille cadette d’un modeste pasteur du Hampshire, elle possède déjà un joli talent d’écriture, de l’esprit à revendre, et abhorre les conventions. Dédaignant la demande en mariage d’un riche voisin, au grand dam de sa mère, elle va tomber sous le charme d’un étudiant en droit arrogant et dissipé (James McAvoy) mais hélas sans le sou… Tout ce qui touche de près ou de loin à Jane Austen, auteur révérée du public féminin, dont la popularité n’a pas pris une ride au cours des siècles, éveille l’intérêt et suscite les passions.
Jane (Becoming Jane) mis en scène en 2007 par le réalisateur de télévision britannique Julian Jarrold, évoque la grande histoire d’amour de jeunesse (probablement l’unique) de l’écrivain d’Orgueil et préjugés, Raisons et sentiments ou Emma. Partant de quelques faits authentiques rapportés par la correspondance que Jane Austen entretenait avec sa sœur aînée Cassandra et de la récente biographie écrite par Jon Spence, le film reconstitue librement et joliment l’éveil à l’amour de cet esprit libre, dont le bonheur est irrémédiablement condamné par les conventions de l’époque, et regroupe tous les éléments qui inspireront plus tard ses chefs-d’œuvre. Ce dernier parti pris est d’ailleurs un peu trop appuyé, réduisant trop souvent le récit à un simple décalque de l’intrigue d’Orgueil et préjugés (récemment porté à l’écran par Joe Wright). L’impétueuse Anne Hathaway offre une image moderne et hollywoodienne de la discrète Jane Austen, mais se révèle attachante, face à un James McAvoy (l’acteur qui monte), fougueux et juste. Les romantiques seront aux anges.
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