
> A quoi elle sert, Monica Bellucci ?
Depuis une quinzaine d’années déjà, elle fait monter la température (et le reste) de tous les hommes de la planète. Starissime jusqu’au bout des ongles "la Bellucci" incarne la vedette de cinéma à l’ancienne, objet de désir et de fantasmes, imparable cover girl et modèle de glamour. Un rôle dont elle s’acquitte jusqu’à l’excès. Où est l’actrice derrière le mythe ?
Ne soyons pas bégueule, sus à la langue de bois et disons-le tout-de-go : oui, Monica Bellucci est belle. Sublime, même. Comme qui dirait, un vrai canon, un sacré morceau, une pépée de premier choix, la quintessence de la séduction féminine. Courbes voluptueuses, bouche pulpeuse, cheveux de jais et regard de braise, avec la petite touche méditerranéenne qui fait bien : ce petit accent italien dont elle ne s’est jamais départie – même qu’elle doit sans doute prendre des cours avec un coach d’accent pour l’entretenir, après toutes ces années passées entre la Place Vendôme et Beverly Hills.
Donc, Monica Bellucci est belle. Cela on le sait depuis ses débuts de mannequin et ses premières apparitions au cinéma, notamment dans Dracula de Francis Ford Coppola où dans un rôle très dénudé, elle plongeait ses canines dans la jugulaire d’un Keanu Reeves pas très farouche.
Monica Bellucci est courageuse, aussi. Au gré de ses apparitions sur grand écran, elle n’a pas hésité à se frotter à des rôles difficiles ou à "malmener son image" (une expression que les acteurs adorent…) de beauté fatale : tueuse muette dans Dobermann, femme objet persécutée dans Malena, victime violée et ravagée dans Irréversible, espionne austère et sacrifiée dans Agents Secrets, putain sacralisée dans La Passion du Christ, putain fellinienne dans Combien tu m’aimes ?, sorcière cruelle et flétrie dans Les Frères Grimm. Une certaine forme de courage, donc, dans la mesure où il en faut pour s’exposer sous les projecteurs et au feu des critiques. Mais aussi, une volonté constante de "tourner autour" de cette beauté dont elle est la première thuriféraire à longueur d’interviews.
L’interrogation de l’acteur sur son propre corps, sa propre image, sa propre beauté qui peut être perçue comme un obstacle à sa crédibilité… on veut bien acheter, mais jusqu’à un certain point. D’autant que pour une composition "hors limites" comme dans Irréversible, on a droit à un Matrix Reloaded (oh la robe rouge !), un Pacte des Loups (oh la robe noire !), un Astérix & Obélix (oh la robe dorée !), un Shoot’em Up (oh la robe mauve !), un Larmes du Soleil (oh-le-treillis-sali juste-ce-qu’il-faut-pour-faire-genre-on-est-dans-la-jungle même-qu’on-transpire-pas !), autant de films où Monica se la joue plutôt facile en exhibant ses charmes incontestables.
Et lorsqu’il lui arrive de se couper les cheveux à la garçonne (Le Concile de Pierre) ou de se teindre en blonde, comme dans Le Deuxième Souffle qui s’apprête à sortir en salles, ses interventions dans les médias ont plutôt tendance à tourner autour de ces incartades capillaires et de cette fameuse "image" sur laquelle elle aime tant disserter. Un inépuisable pas-de-deux dans lequel la star fait mine d’avoir à se défendre d’être belle tout en le revendiquant, et en le dénigrant, tout ça en même temps, et vice-versa. Un vrai numéro d’équilibriste. Dernier aphorisme belluccien, pioché dans un magazine féminin à l’occasion de la sortie du thriller d’Alain Corneau : "la beauté, c’est banal, c’est un costume en soi, et si tu ne crées rien avec, elle devient vite ennuyeuse. Il faut un peu la salir, la malmener pour pouvoir la retrouver autrement." Après dix ans passés à entendre systématiquement ce genre de réflexions abyssales (auxquelles il convient d’ajouter des considérations tout aussi sismiques sur la maternité, le couple et tutti quanti), on est en droit de se sentir un peu blasé. Tout autant que Monica, face à sa propre beauté. Mais après tout, c’est peut-être ça, le privilège des stars.
| Par Vincent Cartier | 11/10/2007 | ![]() |
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