© Copyright : AbacaTrois ans après le succès mondial de son premier album solo Clandestino, le globe-chanteur revient avec La Radiolina, dont le premier single Rainin in Paradize, inonde déjà les ondes FM. Trois ans entre les deux, c’était sans doute trop peu pour que notre oreille ait eu le temps d’oublier les trois ou quatre notes qui rythmaient le premier album, et les accompagnements à la flute de pan ou au banjo. On la connait la chanson, Manu ! Et à quelques mesures près, si on était suspicieux ou mal attentionné, on pourrait croire qu’il nous refait la même. C’est qu’il n’a pas non plus trop le temps de se pencher sur de la musique compliquée comme il le dit, "j’aime la simplicité musicale." Cela a le mérite d’être clair. Le temps, Manu Chao préfère l’employer autrement. Parce que c’est un chanteur engagé, et que les chanteurs engagés ont parfois autre chose à faire. Mais au fait, engagé dans quoi ? Engagé pour la cause des populations sud-américaines, engagé pour la paix dans le monde (célèbre réplique tirée des concours de Miss), engagé contre le capitalisme… Non, il n’y a pas à dire, Manu s’engage, ou en tout cas, il le dit (donc on le croit). Et s’il utilise sa musique "comme une arme" dit-il, c’est parce que parler pour ne rien dire, ce n’est pas son truc : le chanteur préfère dénoncer à tout va. En revanche, s’il dénonce c’est par messages codés, un peu sur le modèle des "carottes sont cuites" sous le général De Gaulle, comme en témoignent ces quelques paroles : "la moto me plait, toi tu me plais, la nuit me plait, toi tu me plais, la guitare me plait, toi tu me plais…" Florent Pagny n’a qu’à bien se tenir avec sa Liberté de penser.
Oui, Manu Chao se revendique altermondialiste, contre le monopole du capitalisme et de l’argent, défenseur des nobles causes à travers le monde, et on ne peut que saluer tant d’altruisme. Cependant, on se demande pourquoi il vend ses albums au même prix que les autres, que ses places de concert sont vendues souvent plus chères que les autres, et que malheureusement, le bénéfice de toutes ces recettes n’est pas en partie reversé à une quelconque association. Aussi on s’étonne lorsqu’on apprend par la presse que Manu Chao réclame au groupe Noir désir, une somme très conséquente pour sa participation à la guitare sur le titre Le vent l’emportera alors qu’un accord amical avait été passé, autant qu’on s’étonne que le chanteur vende sa musique à des grosses firmes américaines pour des publicités… C’est bien beau de se promener avec un bonnet péruvien sur la tête et de se prendre pour un "clandestino" mais où sont donc passés ses principes ? Parce que si les chanteurs deviennent engagés pour mieux vendre et non pour réfléchir, ils seront beaucoup trop nombreux dans le car des "Enfoirés" l’année prochaine… Et qui sait, Manu Chao sera peut-être dans ce même car, mais juste pour être déposé devant le plateau de la Star Academy (afin de limiter la pollution, bien entendu).
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