© Copyright : AbacaCamille, sur le fil… du succès
Il y a trois ans, avec son album Le fil, qui succédait à un premier opus déjà prometteur, Le sac des filles, cette jeune chanteuse, auteur, compositeur et interprète ouvrait une nouvelle brèche dans l’univers de la chanson française. Un album novateur au concept étonnant, construit, pour ainsi dire, "sur le fil", à partir d’une seule note, le si. La bonne, à n’en pas douter, car avec ce seul si, ce n’est pas seulement Paris que Camille s’apprête à mettre en bouteille. Très vite, au rythme saccadé de ses vocalises endiablées, de sa voix singulière et de ses jeux de mots insolents, Camille, nouvelle ovni de la scène française, à mi-chemin entre Björk et Brigitte Fontaine, fait sensation. Le succès est phénoménal. Les critiques unanimes. En 2006, son single Ta douleur fait un carton plein. Un prix Constantin et deux Victoires de la musique la même année saluent à leur tour l’originalité et le talent de l’artiste. Et c’est avec un tout nouvel album, intitulé Music Hole, entièrement acoustique et en anglais s’il vous plait, que Camille revient aujourd’hui. Camille toujours aussi barjo, déjantée, excentrique et culottée. La même Camille canaille et insoumise qui claquait des doigts et se battait la poitrine, pieds nus et cheveux en bataille au beau milieu des Victoires de la musique à ses débuts. Un brin précieuse, jamais ridicule. Camille qui a plus d’une corde à son art et n’a décidément pas froid aux yeux, n’hésitant pas, une fois de plus, à envoyer valser tous les codes habituels, à l’heure où la frilosité artistique est bien souvent de mise. Le tout dans un nouvel opus minutieusement ciselé qui entremêle, non sans un indéniable génie, percussions corporelles, human beat box et mélodies entraînantes. Un manège enivrant de télescopages sonores et de galipettes verbales. Et bien que moins révolutionnaire et peut-être un peu moins réussi que le premier, cet album demeure à l’exacte image de son interprète : audacieux et talentueux.
Rose, en bas de la liste
Certains la disaient déjà étoile montante de la nouvelle scène musicale française. Pourtant, de Rose, beaucoup ne connaissent que La liste. La fameuse liste de "toutes ces choses qu’elle aimerait faire avec lui" (lui, on ne sait pas qui c’est) et qui passait en boucles sur nos ondes pendant de très longs mois depuis sa sortie en 2006. Pour ceux qui auraient passé cette année-là sur une île du Pacifique, ça donnait cela : "Aller à un concert, repeindre ma chambre en vert, boire de la vodka, aller chez Ikéa, mettre un décolleté, louer un meublé et puis tout massacrer"... Des mots qui témoignent d’un indéniable talent d’écriture, vous en conviendrez. Ajoutez à cela une guitare, un joli minois et une voix fragile dans la veine des Zazie et autres Pauline Croze et le succès est au rendez-vous. Un succès "dans l’air du temps" qui augurait d’une jolie carrière pour cette chanteuse niçoise à fleur de peau qui avoue s’être mise à chanter sur le coup d’une rupture amoureuse, à l’âge de 28 ans… Oui, mais hormis ce premier titre, la liste de ses succès, quant à elle, est restée plutôt maigre. En 2007, le single Ciao Bella, deuxième extrait de son premier album éponyme, rencontre un succès mitigé et surtout très éphémère. Aujourd’hui, elle nous revient avec Sombre con, une ballade qu’elle adresse à Julien, son amour perdu (ce doit être lui, le mec de la liste). Sur fond de musique douce aux tonalités teintées de folk, inspirée (c’est elle qui le dit) de Bob Dylan et Janis Joplin, elle minaude son désespoir. La sincérité est palpable. La naïveté touchante. Les mots simples, peut être un peu trop. Mais le tout, en plus de transpirer la guimauve, est triste à mourir. Pour quelqu’un qui a choisi de s’appeler Rose (son vrai prénom est Keren), c’est tout de même un peu dommage de broyer du noir. Mais bon, on la comprend. Se faire plaquer et se retrouver toute seule avec une liste aussi longue de choses à faire, ça doit pas être facile tous les jours. Surtout quand il faut monter les meubles Ikéa…
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