
S’il est difficile d’assumer ses complexes physiques (pourtant souvent "inventés" par notre inconscient) il est encore plus dur de surmonter ses complexes dits "intérieurs" qui peuvent relever de l’intellectuel ou du niveau social. "Ce qui compte c’est ce qu’on est à l’intérieur" dit-on souvent. Mais quand justement on ne se sent pas à l’aise et en harmonie avec son intérieur, qu’est ce qui compte alors ?

Surmonter ses complexes, les assumer ou même pouvoir en jouer n’est pas forcément évident lorsqu’il s’agit d’un complexe intérieur. Souvent dicté par un manque de confiance en soi ou par un sentiment d’infériorité par rapport aux autres, les compliments et bonnes appréciations de l’entourage ne suffisent généralement pas à enrayer le problème. Car le problème vient de soi, et non des autres. Manque d’objectivité ou mauvaise image de soi, ces complexes peuvent vite devenir perturbants en société ou au sein du couple. Pourtant, les complexes peuvent s’apprivoiser et même se dépasser.
Complexes réels
Les complexes physiques, on en a tous. "Trop gros, trop petite, pas assez de cheveux, pas assez de poitrine, trop grand nez, oreilles décollées", on trouve toujours quelque chose qui ne nous plaît pas et que l’on aimerait changer. Certains complexes sont gérables par notre propre volonté : faire du sport, prendre soin de soi… D’autres défauts de fabrication peuvent aussi être rectifiés grâce à la chirurgie esthétique. Mais quand on se sent "inculte, peu loquace, sans répondant ou immature", la chirurgie esthétique ne peut pas grand-chose.
Antoine, 33 ans nous explique : "je cherche à être drôle tout le temps. Pas pour compenser un souci physique, mais plutôt un gros manque de culture. Quand mes amis parlent d’une chose que je ne connais pas, plutôt que de passer pour un con, je sors une blague pour détourner le sujet. Je suis devenu le comique de la bande. Mais il faut que je trouve autre chose, parce que certains commencent à se rendre compte que dès qu’on parle politique, économie ou histoire, je détourne systématiquement la conversation par une blague. Je pourrais lire pleins de livres pour rattraper tout ça, mais je n’en ai ni le temps ni le courage. J’ai trop de lacunes." Pour Angélique Vandenhende, psychologue, "vouloir jouer les comiques pour faire diversion n’est absolument pas une solution. Cela implique qu’Antoine, en plus d’être complexé, n’a pas confiance en ses amis. Il n’ose pas leur dire : je ne sais pas, je ne connais pas, expliquez- moi. C’est aussi une preuve d’intelligence de savoir reconnaître ses lacunes, plutôt que des les camoufler. Les vrais amis comprennent et seraient sans doute ravis de l’instruire sur certains sujets."

Complexes imaginés
Quand les complexes sont, en revanche, imaginés ou créés de toute pièce par la personne parfois à son propre insu, il est bien plus dur de faire entendre raison. Marie, 31 ans, expose son complexe : "je souffre de mon manque de maturité et d’expérience de la vie. Je n’ai pas vécu la moitié de ce que mon entourage a vécu. Les choses normales de la vie. Je ne suis jamais à l’aise pour parler de moi, je me sens inintéressante et souvent incapable de tenir une conversation. Il faut dire que je ne travaille pas non plus, et que j’évolue avec des personnes pour qui le travail est presque toute leur vie. Pour eux, comme pour moi, je suis mère au foyer. Point barre."
C’est un exemple typique de complexe fantasmé, nous explique A. Vandenhende. "Marie dit qu’elle n’a rien vécu d’intéressant, et pourtant elle est maman. Elle a vécu l’expérience de donner la vie, qui n’est pas donnée à tout le monde et loin d’être anodine. Elle a certainement entendu un jour que la valeur d’une personne se mesurait à son travail. Comme elle ne travaille pas, elle s’imagine ne rien valoir. Il y aurait un vrai travail sur soi à faire pour elle. Une revalorisation de ses performances et de son intérêt au sein de la société."
Dans certains cas, la revalorisation de soi passe aussi par le regard et les paroles des autres. Si au départ, on souffre d’un manque de confiance en soi, il sera forcément rendu crédible si notre entourage ne dément pas. D’où l’importance de bien connaître également ce que les autres pensent de nous, et donc, ne pas hésiter à leur demander. Il y a bien souvent une différence énorme entre ce que l’on est, ce que l’on voudrait être, ce que l’on prétend être et ce que les autres pensent que nous sommes. Avant tout, il est important de savoir ce que l’on attend de soi-même, avant de se demander ce que les autres attendent de nous. Accepter de dire : "Je ne suis pas comme vous voudriez que je sois, je ne suis pas forcément comme j’aimerais être, je suis différent(e), et je compose avec ça." Le regard des autres est important pour se sentir exister, mais il ne doit pas diriger votre façon d’être ou de penser.

Complexes de supériorité
On parle presque toujours des complexes d’infériorité, des vrais défauts ou lacunes qui nous empêchent d’être totalement sereins. Alors que d’autres souffrent d’un complexe de supériorité, très souvent mal compris de l’entourage ou des autres. Luana, 30 ans, s’est confié : "Depuis que je suis toute petite, on me répète 10 fois par jour que je suis belle. J’ai toujours entendu ça. Je n’ai jamais entendu "tu es spirituelle ou intelligente". Mais moi je m’en moque qu’on me dise que je suis jolie. Je me suis toujours sentie obligée de prouver que je valais autre chose et que je n’étais pas seulement jolie. J’ai intégré une grande école, et là non plus je n’étais pas crédible dans le rôle de la fille intelligente. Comme si on ne peut pas être jolie et intelligente à la fois. Du coup, je ne me sens à l’aise ni physiquement ni intellectuellement. J’ai toujours l’impression d’être jugée, observée, et qu’on me reproche d’être trop comme ci ou pas assez comme ça. Résultat, je suis complexée de partout ! Je suis une thérapie depuis trois ans, alors que mes proches ou mes amis me trouvent ridicule et me disent presque avec rancœur qu’il y a vraiment plus grave dans la vie que d’être jolie. Je pense qu’ils ne comprennent pas vraiment ce que je ressens et que malheureusement ça ne se limite pas à ça."
Selon la psychologue A. Vandenhende, le cas de Luana est un vrai cas qui n’est pas si isolé qu’on le pense. "Être trop bien aux yeux des autres paraît toujours suspect ! La beauté comme l’intelligence attire autant que cela effraie. Luana souffre de complexe de supériorité. On lui a répété qu’elle était jolie depuis son enfance, mais elle n’en a jamais pris conscience elle-même. Elle ne se trouve peut-être pas jolie, elle. D’ailleurs, si c’était le cas, elle n’aurait pas autant de problème pour s’accepter. Ce ne sont que des paroles venant des autres. Du coup, elle veut montrer à ces mêmes personnes que ce qui la qualifie ce n’est pas son physique, mais son intellect. Tout en s’imaginant ne pas être assez crédible dans ce rôle-là. J’ai des patients qui passent leur temps à se dévaloriser pour être acceptés des autres, parce qu’ils sont hors normes : très beaux ou très brillants par exemple. Ces différences sont finalement plus dures à gérer que les défauts, tout simplement parce que c’est une minorité, et qu’il faut se confondre dans la masse pour être accepté de ses semblables. Ce complexe de supériorité est inconsciemment étouffé, et ce sont généralement des personnes très peu sûres d’elles-mêmes qui en souffrent, alors que ça devrait être le contraire. Mais pour exemple, un jeune homme au physique très avantageux va passer pour un prétentieux s’il avoue qu’il se trouve beau. Une personne aux défauts physiques plutôt voyants et qui ne correspond pas aux critères de beauté universelle, aura moins de mal à s’apprécier physiquement et à dire qu’elle se trouve bien. Et cela ne choquera personne. C’est un sujet très... complexe !"
Avoir confiance en soi, accepter ses défauts et surmonter ses complexes, ne sont pas forcément chose facile pour tous. Apprendre à se connaître, à s’apprécier tel que l’on est, est pourtant à la base de l’épanouissement personnel. Il peut donc s’avérer utile de suivre une thérapie lorsque les complexes ne sont pas du tout assumés et surtout imaginés par la personne concernée. En revanche, lorsque les complexes sont réels mais néanmoins handicapants, il ne faut pas hésiter à se remettre en question, prendre conscience de ses défauts et demander de l’aide à son entourage.
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Vos commentaires
Invité
Affreuse, et cest VRAI. Neige
Depuis 6 ans, je n'ai plus de jambes, je suis sourde, des cheveux sont absents pr plaque ! Les complexes, venus par des réactions familières ne sont pas dans ma tête ! Que faire contre la bétise humaine ? Aussi, je m'enferme...
vendredi 01 février 2008 à 12:43:54
Invité
DS
Très bon article!!
mardi 20 novembre 2007 à 11:58:12
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tibusse
Courage..
..Ne baissez pas les bras!
vendredi 01 février 2008 à 14:15:47