> Ces couples qui décident de ne pas vivre ensemble
Vivre ensemble. Pour bien des couples, il s’agit là d’une sorte de consécration amoureuse, l’aboutissement d’une rencontre, d’un amour. Mais si la vie à deux à deux marque un tournant dans l’histoire d’un couple, certains décident parfois de ne jamais franchir ce cap. Après les familles recomposées et monoparentales, voici les couples qui ne vivent pas ensemble…
En ces temps de profonds changements où les modèles traditionnels du couple et de la famille sont sans cesse remis en cause, il semblerait que rien ne soit impensable. Rien, pas même l’idée atypique de s’aimer sans vivre ensemble. Au milieu des années 80, aux Etats-Unis, le phénomène s’installe et contre toute attente, séduit un grand nombre de couples. Aujourd’hui, ils sont nombreux, en France, à opter pour ce mode de vie, cette nouvelle façon de penser le couple et l’amour. Mariés, concubins, ou simplement ensemble, ils refusent l’idée du couple fusion, s’élèvent contre la routine qu’ils jugent destructrice, revendiquent leur liberté individuelle et clament haut et fort que leur amour n’en est que plus grand… ignorant les petits tracas quotidiens, ces couples ne veulent pas vivre ensemble et ne partagent que le meilleur : dîners aux chandelles, escapades amoureuses et autres rendez-vous galants. Les festivités terminées, ils retournent, chacun de leur côté, à la vie de tous les jours, celle que beaucoup s’accordent à appeler "la vraie vie"… Et si certains considèrent qu’il s’agit sans doute de la recette miracle, celle qui assure la plus grande longévité aux couples, d’autres, au contraire, jugent ce mode de vie révélateur d’un individualisme exacerbé ou d’une peur de l’engagement. Qu’en est-il exactement ?
Non à la routine
La plupart des couples sont convaincus qu’à deux, les joies sont plus grandes, les épreuves moins pénibles et qu’ensemble, tout en partageant le meilleur, ils seront mieux armés pour affronter le pire… Mais pour d’autres, la vie à deux foisonne de dangers. Entre autres "réjouissances", il y a le quotidien qui lasse, qui ronge, qui annihile les passions. Il y a aussi les contraintes journalières et les obligations familiales, autant d’obstacles à une vie amoureuse passionnée, surprenante, sans cesse réinventée. Alors pour que les débuts ne s’arrêtent jamais, pour que le charme ne soit pas rompu, de plus en plus de couples, mariés ou pas, avec ou sans enfants, font le choix de ne pas vivre ensemble et en sont heureux. Certains vivent même parfois dans deux villes différentes, et s’organisent pour se voir de temps en temps, au gré de leurs envies et selon leurs disponibilités.
De nombreuses stars se disent adeptes de cette philosophie de vie à deux. Pris dans la spirale d’une vie de frénésie constante, ils ont souvent bien du mal à gérer une relation "normale", inscrite dans un quotidien ordinaire. Ils décident donc de ne pas vivre ensemble, mais s’affichent néanmoins en couple, et se disent comblés. Ils se voient tantôt chez l’un, tantôt chez l’autre et d’autres fois dans des hôtels des quatre coins du globe… Monica Bellucci et Vincent Cassel, Thierry et Béatrice Ardisson et d’autres encore dans la grande famille des people filent le parfait amour et ont fait le choix de s’aimer sans vivre ensemble. Et les célébrités sont loin d’être les seules à faire ce choix là…
Cette conception du couple peut choquer, laisser perplexe, ou même révolter. D’aucuns pourraient penser que l’amour, c’est tout le contraire, que c’est aussi dans les épreuves quotidiennes que l’on puise la force d’aimer toujours plus et que chaque jour, chaque seconde, vaut la peine d’être vécue à deux quand on s’aime vraiment. Difficile de juger, de mesurer l’intensité de l’amour à travers des conceptions, somme toute, très subjectives. Au fond, peut-être est-ce, pour certaines personnes, la recette miracle de l’amour. Il est possible que cette situation réponde à des besoins précis, et convienne parfaitement dans des cas particuliers. Peut-être aussi vivons-nous dans une société plus individualiste, éprise de liberté et de moins en moins capable de partager ?
Mon moi, mon toit…
Derrière ce style de vie atypique se cache aussi un besoin nouveau, croissant et symptomatique de nos sociétés modernes : le besoin d’indépendance et de liberté.
En des temps désormais révolus, la morale voulait que les couples se marient et vivent sous le même toit. Et tous ceux qui osaient braver cet interdit voyaient leur histoire inévitablement taxée de "temporaire" et de superficielle… Aujourd’hui, les choses sont bien différentes. Des mutations fondamentales sont apparues sur le plan social et ont conduit à une nouvelle façon d’envisager le couple et plus généralement la famille.
De plus en plus de femmes travaillent et s’assument financièrement et beaucoup d’entre elles, confortablement installées dans leur petite vie sans contraintes, se plaisent dans cette situation. Quant aux hommes, ils sont nombreux à rêver de liberté et à fuir les relations trop étouffantes. Quelquefois, il s’agit d’un véritable choix, et d’autres, la situation est au départ le fruit des circonstances (mutations, éloignements provisoires…) et finit par convenir aux deux partenaires qui décident alors de l’adopter.
En témoigne l’histoire de Sylvie, 52 ans et Bernard, 55 ans, mariés depuis 25 ans. "Nous avons vécu ensemble pendant 20 ans, raconte Sylvie, et avons eu une vie de famille heureuse avec nos trois enfants. Il y a cinq ans, on m’a proposé un travail très intéressant, mais dans une autre ville, à 1000 km de chez nous. Après avoir longuement réfléchi, j’ai décidé d’accepter, c’était pour moi une occasion rêvée. Mon mari m’a promis qu’il me rejoindrait dans quelques mois, le temps de trouver un travail sur place. Pendant des mois, il venait régulièrement, et puis de façon plus espacée. Mais à chaque fois, nos retrouvailles étaient passionnées. On s’est chacun de notre côté habitué à vivre seul, et la situation nous convenait parfaitement. Notre couple avait retrouvé une seconde jeunesse. Finalement, on a tous les deux décidé de ne plus vivre ensemble, et ça dure depuis 5 ans. On profite tous les deux d’une autonomie dont la vie de couple nous avait malgré nous privés. On ne se voit plus que pour passer de bons moments. Chacun règle ses problèmes du quotidien de son côté."
Pas étonnant que certains trouvent leur compte dans cette vie de couple "pas comme les autres", une vie dans laquelle ils ne sont ni seuls ni privés de leur liberté individuelle, une vie faite de plaisirs choisis et dégagée de toutes les contraintes qui accompagnent souvent la routine du couple.
Peur de l’engagement
Refuser de vivre avec son (sa) partenaire, se priver délibérément d’une vie de total partage avec l’être aimé, cela peut aussi, parfois, cacher un malaise profond. Les difficultés qui entourent la vie sont autant de défis à relever pour le couple. Ne pas y faire face, tenter éternellement d’y échapper, c’est aussi une manière de fuir, de ne pas assumer, de ne prendre que le meilleur en refusant le pire.
La peur de l’engagement, la peur de ne plus plaire, de voir s’émousser le désir au fil du temps, tout cela peut pousser certaines personnes à opter pour ce choix, et à se cacher derrière des excuses fallacieuses. Ce comportement est fréquent chez les personnes qui trainent un passé sentimental douloureux ou qui ont récemment vécu une rupture ou un divorce. Elles se persuadent qu’elles sont pleinement heureuses de cette façon mais ce n’est au fond, qu’une manière de cacher leur vulnérabilité, leur façon de se protéger, de ne surtout pas s’attacher.
Charlotte, 24 ans, avoue avoir une peur panique de la vie à deux : "Je vis une relation intense avec mon conjoint depuis 4 ans mais nous ne vivons pas ensemble. Je suis effrayée rien qu’à l’idée de voir ses vêtements dans mes placards. La routine me fait peur, je ne pourrais plus tout contrôler. Il finira par s’ennuyer avec moi, je ne lui manquerai plus et il me quittera. J’aimerais vivre avec lui mais je suis convaincue que ça se passerait mal."
Dans ces cas là, il est évident que ce choix n’est pas le bon. Si c’est votre cas et que la vie à deux vous effraie, parlez-en à votre partenaire, faites-lui part de vos doutes, de vos craintes et de vos appréhensions. S’il ou elle tient vraiment à vous, il saura apaiser vos tourments et vous rassurer. Vous pourrez alors vous laisser aller aux plaisirs de la vie à deux. L’aide d’un psychologue peut également vous aider si votre malaise est plus profond. Vous ne pourrez pas éternellement fuir vos sentiments et aller à contre-courant de vos envies profondes. Tout le plaisir de la vie à deux vient aussi des risques que l’on prend en y faisant face. Ne vous privez pas des grands bonheurs de la vie uniquement parce que vous avez peur de les voir s’effondrer. En vous protégeant de souffrances qui n’existent pas encore, vous vous privez d’un bonheur qui lui, est sans doute à portée de main.
Décider de ne pas vivre ensemble lorsqu’on est un couple. Beaucoup d’entre nous seraient tentés de porter un jugement quelque peu hâtif sur cette situation peu banale. Pourtant, il semblerait qu’elle soit, pour certains, un compromis idéal, une façon comme une autre de penser l’amour, d’entretenir la flamme, d’envisager l’avenir. Besoin d’indépendance, d’autonomie ou lutte sans merci contre la routine qui lasse, autant de raisons qui peuvent animer un tel choix et satisfaire pleinement les couples concernés. Pour autant, ils ne sont pas à l’abri de certaines déconvenues : l’éloignement et l’absence de l’autre en des moments importants de la vie peut entraîner un manque, semer le trouble, favoriser les tentations extérieures, creuser parfois le fossé de l’incompréhension. Un terrain propice à bien des débordements…
Il arrive aussi dans certains cas que la décision de ne pas vivre ensemble ne soit pas guidée par des motivations réelles et ne soit que le reflet d’une peur, celle de s’engager, de s’offrir à l’autre et de s’abandonner sans retenue à l’amour. Dans de pareils cas, ce bonheur que vous cherchez tant à préserver ne sera jamais qu’un leurre… Alors faites le choix qui vous correspond, celui qui vous rendra heureux (se). L’amour a tous les visages, l’important c’est qu’il vous ressemble.
| Par Levana Siboni | 19/07/2007 | ![]() |
Forum | ![]() |
Réagissez ! | ![]() |
1 commentaires |
intéressant comme tout | posté par Inconnu
03/04/2008
ça devient assez courant de ne plus vivre ensemble et c'est peut-être le secret de la réussite d'un couple.











