Les machos ? De prime abord, nous sommes presque toutes d’accord. Ces hommes n’ont rien compris. Ni à notre époque, ni à l’amour, ni à la vie, ni, bien sûr, aux femmes. A ces bad boys d’un autre temps, on préfère, et de loin, les autres. Les gentlemen, les hommes attentionnés, doux, à l’écoute de nos moindres désirs. Et pourtant…

On ne le sait que trop bien, le cœur a ses raisons que la raison ignore. Voilà pourquoi, malgré nos rêves de petite fille, malgré toutes les mises en garde reçues de nos mères, de nos amies, de toutes celles qui "savaient" déjà, un jour ou l’autre, on finit par tomber dans le piège. Le piège des mauvais garçons, des machos, de ces hommes qui se situent à des années lumière du prince charmant. On les déteste, pourtant ils nous attirent. On voudrait les fuir. Pourtant, bien souvent, on suit (inconsciemment ?) leurs traces. Alors pourquoi ? Certaines femmes ont-elles besoin de cela pour se sentir protégées ? Ou pour avoir l’impression d’être avec un mec, un vrai ? Et n'y-a-t-il pas, derrière le masque des ces durs à cuire, un homme plus fragile qu’il n’y parait, un homme qui se protège des souffrances de l’amour ? Des femmes, mais aussi des hommes, ont accepté de nous donner leur avis sur la question et de nous parler de leurs propres expériences. L’occasion pour nous de constater, une fois de plus, que de l’amour à la haine, ou plutôt de la haine à l’amour, il n’y a décidément qu’un pas.
Macho macho man
Le mot macho signifie "mâle" en espagnol. La connotation péjorative qu’il transporte n’est donc pas directement liée à son étymologie mais plus à tous les clichés qu’il cristallise. Mais un macho, au fond, qu’est-ce que c’est ? Un homme grand, fort, tatoué, qui n’a peur de rien et ne pleure jamais ? Un homme qui ne fait jamais le ménage, ni la vaisselle? Ou plus encore, un homme qui avoue ouvertement être supérieur aux femmes ? En réalité, si les clichés sont nombreux, il n’existe pas vraiment de "macho type". Et si certains critères semblent communs à presque toutes les femmes (et aussi à bon nombre d’hommes), d’autres varient, selon la perception de chacun. Ainsi, pour Stéphanie, 28 ans, "un macho, c’est un homme qui se croit supérieur aux femmes. Il pense que faire certaines choses, comme le ménage ou s’occuper des enfants, le déviriliseraient". Pour Terry, 25 ans, "un macho ? Je l’imagine beau, grand, tatoué avec des poils sur le torse et une liste interminables de conquêtes. Un macho, c’est cet homme qui vous accoste, vous dit au bout d’une heure que vous êtes la femme de sa vie et ne vous rappelle jamais" ; et pour Rebecca, 30 ans, "un macho, c’est un mec qui joue constamment un rôle. Le rôle du mâle dominant. Quoi qu’il arrive, il reste campé sur ses positions. En pratique, ça donne des tas de choses différentes, mais c’est jamais très glorieux".
Du côté des hommes, Julien, 28 ans, témoigne : "un macho, c’est un homme qui veut à tout prix se différencier des femmes pour exister. En fait, il a peur d’admettre que les femmes peuvent le dépasser, alors il les tient à distance". Et d’ajouter : "n’allez pas croire qu’un macho c’est juste un mec baraqué qui fait des pompes pendant que sa femme change les couches de leur enfant et qui vante ses prouesses sexuelles. Certains sont plus subtils et souvent plus dangereux. Leur machisme est bien ancré, il détermine tout leur système de pensée. Ce n’est pas seulement une apparence." Des perceptions qui varient donc, d’une personne à l’autre, mais qui, dans tous les cas, ne sont jamais très élogieuses.
Oui, mais alors pourquoi ? Pourquoi tant de femmes succombent-elles aux charmes de ces hommes d’une autre époque ? "En amour, il n’y a pas de règle, affirme Hélène, 31 ans. On ne contrôle pas, on ne contrôle rien. Et allez savoir pourquoi, nous les femmes, on est attirées par les hommes qui, on le sait d’avance, nous feront souffrir. Mais c’est plus fort que nous. Moi, je les ai collectionnés, les machos. Et à chaque fois qu’un mec bien arrivait dans ma vie, je me disais que c’était le bon, mais non, je finissais par m’ennuyer. Il était trop parfait, trop gentil, et moi je m’ennuyais !"
Quant à Véronique, 29 ans, elle va plus loin et confie : "je me suis voilé la face pendant longtemps et j’ai cherché des hommes "tendres" et gentils, mais je sais aujourd’hui que j’ai besoin d’un homme qui soit un minimum macho. J’en ai besoin pour que la passion soit au rendez-vous. Pour que ça clash, que ça crie, pour que je puisse le haïr pour mieux l’aimer. Parce que je sais que la plupart des hommes ne sont machos que de l’"extérieur". Il suffit de gratter, et alors vous avez droit à ce que les autres n’ont pas et ne peuvent pas voir. Ce que j’aime dans ces histoires, c’est quand le macho se révèle. Tel qu’il est vraiment."

Un homme peut en cacher un autre
Un homme ne naît pas macho, il le devient, notamment à travers l’éducation qu’il reçoit. Car derrière les apparences d'une société égalitaire, les mentalités restent influencées par ce vieux principe : la domination de l'homme sur la femme. Le sexe fort et le sexe faible. La répartition des tâches, les prérogatives ancestrales. Les comportements masculins ont connu d’importantes mutations, certes, mais ce n’est pas fini. Car certains clichés perdurent. On continue de choisir le rose pour la layette d’une petite fille et le bleu pour celle d’un garçon. D’offrir des poupées aux filles et des pistolets aux garçons. Cet inconscient collectif pourrait n'être que le terreau du machisme de certains hommes, incapables de s'affranchir de tous ces clichés.
C’est le cas de Tarik, 31 ans, en couple depuis 5 ans. "Je sais que je suis macho. Et je sais aussi que ça fait souffrir ma femme, parfois. Mais c’est dans ma nature, on m’a élevé comme ça. Si je ne me lève pas pour aider ma femme à débarrasser, c’est parce qu’on ne m’a jamais dit de le faire. Aujourd’hui, si je me mets à faire toutes ces choses que je n’ai jamais faites, j’aurais l’impression de renier mes origines, ma culture et de ne plus être moi-même." Une éducation que Tarik ne souhaite néanmoins pas voir se perpétuer puisqu’il ajoute : "j’ai un petit garçon. Quand il sera plus grand, je ne veux pas qu’il soit comme moi. Je veillerai à ce qu’il ne le soit jamais. S’il le faut, à ce moment là, moi, je changerai pour lui donner l’exemple."
Quant à Maria, sa femme, elle tient à préciser : "Tarik ne me rend pas malheureuse. C’est sûr, par moments, j’aurais aimé qu’il se montre moins macho, qu’il me laisse plus de libertés, mais parfois, je me dis que s'il avait été différent, il ne m’aurait pas attirée. Je me souviens que ce côté "macho" m’attirait et je me disais "mais qu’est-ce qui se cache derrière tout ça ?". J’étais convaincue qu’il y avait autre chose".
Autre chose, c’est aussi ce qu’Isabelle voyait en son mari. "Ces hommes là pensent qu’ils contrôlent la situation mais ils ne contrôlent rien. Le croire les rassure. Et je l’ai compris très vite. Dans l’intimité, mon mari est un agneau. J’ai mis du temps avant qu’il accepte de s’ouvrir vraiment, et ça ne dure jamais longtemps. Il se protège, comme ça. Mais moi, il ne me trompe pas. Et ça me touche, cette dualité. Je le laisse croire qu’il est l’homme de la maison, c’est sa façon à lui de nous aimer, les enfants et moi. Mais au fond, c’est juste un homme qui a peur de ne pas être à la hauteur. Ça ne me dérange pas, qu’il soit macho. Après tout, il m’a plu comme ça, dès le premier jour. Et puis, je crois que tous les hommes le sont un peu, le tout, c’est de trouver le bon dosage, celui qui vous correspond."
Enfin, et il est important de le souligner, en matière de paradoxes, les hommes ne sont pas les seuls. Les femmes ont, elles aussi, des attentes tout à fait contradictoires qui expliquent peut-être aussi, à certains égards, le côté macho de certains hommes. En effet, la plupart d’entre elles reconnaissent vouloir un homme qui les maîtrise sans les dominer, qui les protège tout en préservant leur indépendance, qui assume financièrement tout en restant disponible, qui soit à la fois fort et tendre. Des souhaits ambivalents qui délivrent des messages contradictoires et qui, à n’en pas douter, peuvent déstabiliser bon nombre d’hommes.

Quand le macho perd ses repères
Dans une société aux rapports homme-femme en plein changement, à l’heure où de plus en plus d’hommes se libèrent de tous les clivages machistes, d’autres, au contraire, réagissent en revenant à des modèles beaucoup plus traditionnels, angoissés à l’idée de perdre leur identité d’homme. C’est ce qu’explique Antoine, 28 ans : "je ne comprends plus rien à tout ça. Les femmes n’ont plus peur de rien, font des métiers d’homme et se comportent comme des hommes. Et les hommes mettent des crèmes antirides, restent à la maison pour garder les enfants et ne savent plus changer une ampoule ! Je n’ai jamais été macho, je pense simplement que les femmes ne sont pas l’égal de l’homme, que nous sommes complémentaires et que c’est très bien ainsi. Mais là, tout est en train de changer et pas de la bonne façon… Du coup, je me surprends à devenir de plus en plus macho, parce que j’ai peur de devenir comme tous ces hommes…"
Cette difficulté à trouver sa place dans une société mouvante pousse ainsi certains hommes à se raccrocher à ce qu’ils croient être des critères déterminants de leur propre nature pour se réaffirmer en tant qu’homme. "Je fais des choses que je ne faisais même pas avant, comme passer beaucoup de temps avec mes potes à boire de la bière et à regarder le foot, poursuit Antoine. Je sais que c’est stupide mais je ne veux pas me laisser porter par toutes ces nouvelles "modes" qui éloignent les hommes de ce qu’ils sont vraiment."
Alors réaction inquiétante ou simple moment de révolte, nécessaire à l’intégration de tous ces nouveaux modèles émergents ? L’avenir nous le dira. Il semble cependant que le machisme ne soit jamais, au fond, qu'une protection. Et c’est peut-être pour ça que les femmes avouent avoir, pour ces messieurs, une irrésistible faiblesse. Parce qu’assurément, elles devinent les leurs.
Vos commentaires
Invité
je suis parfaitement d'accords
oui je suis d'accord avec cet articles a 1000/100 enfaite je suis un homme qui adore les relations durables je me suis rendu compte que les relations que j'ai faite quand j'étais jeune sont plus réussi que les relations ressentes pour une simple cause : j'ai étais toujours traité de matcho et on ma toujours demander de changer, resultat : mes relations ne dure plus longtemps, pire j'ai eu des trahison, là je suis sure et certain que je redeviendrai comme avant l'homme matcho vulnérable même si je resterai tout ma vie célibataire, enfin après avoir lire cet article je pense pas
mardi 21 octobre 2008 à 02:16:22
Invité
Plus comme avant...
Heureusement, les vrais machos sont en voie de disparition, remplacés par des machos qui ont en fait intégré l'égalité homme-femme mais qui cherchent seulement à se rassurer. Et moi, j'aime bien ça...
mardi 01 avril 2008 à 12:01:03
Invité
On a beau dire...
je ne suis pas du tout attirée par les machos ou les bad boys. C'est le genre d'homme qui nie tous mes idéaux : le respect et l'égalité, ici envers les femmes !
vendredi 28 mars 2008 à 07:30:22
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Invité
il est vrai
d'un coté je me reconnais bien dans cette définition ....... Mais souvent cela ne part pas d un mauvais sentiment. Je m'explique : le machisme je crois est quelque chose de presque instinctif mais que l'on doit contrôler, j'avoue avoir du mal et je ne comprend pas forcément que ma femme m'engueule quand je suis devant la TV alors qu'elle prépare a manger et s'occupe des mioches. J'oublie de réguler cet "instinct machiste. Merci pour cet article qui m'a fait doucement ouvrir les yeux, je vais essayer de m'améliorer et de changer cela ...
mercredi 05 novembre 2008 à 14:42:15