© Copyright : iStockQuelle place tient la politique dans votre vie ?
Stéphane : Je me suis toujours intéressé à la politique. Dans ma famille, les échanges étaient très vifs lors de chaque élection. Du coup j’étais déjà assez passionné avant même d’avoir le droit de vote. Je crois que je n’ai presque jamais raté une élection. C’est très important pour moi.
Charlotte : J’ai baigné dans la politique depuis mon enfance, mon père a fait de la politique. Je ne rate pas une élection et dans la mesure du possible je regarde tous les débats. Mon père m’a appris à prendre un certain recul pour analyser une situation.
Quelle est votre conception du citoyen ? Est-il primordial de voter ? De boycotter parfois ?
Stéphane : Boycotter certainement pas ! Pour moi le droit de vote est un privilège et même si les candidats ne me reviennent pas, je pars du principe qu’entre deux maux il faut choisir le moindre. La démocratie n’est pas le système parfait, mais j’estime que mon devoir de citoyen, c’est d’exprimer ma voix, en toute circonstance.
Charlotte : A chaque fois que je vais voter, je suis trop fière. Je mesure à quel point cet acte citoyen est important pour notre société, son avenir et son équilibre. Il y a tellement d’endroits dans le monde où les élections sont une mascarade, qu’il faut préserver ce devoir et le transmettre à ses enfants. Pour moi, être citoyen, c’est être responsable et s’impliquer dans la vie politique de notre société quelles que soient ses idées.
Avez-vous été, ou êtes-vous engagé(s) politiquement, dans un parti ou une ONG ?
Stéphane : Non. J’ai failli prendre la carte d’un parti quand j’étais plus jeune, mais je me suis ravisé. Et je pense que j’ai bien fait. Par contre je n’exclus pas de m’engager dans une association. J’y pense de plus en plus, en fait.
Charlotte : Je me suis engagée une fois dans un parti pour soutenir mon père dans une élection. Je n’avais pas la carte du parti. J’étais jeune et je voulais me laisser du temps pour réfléchir à mon engagement… Une association, OUI. Je réfléchis à la formule qui va correspondre avec ma vie. Pour moi, s’impliquer dans une association, c’est sur du long terme. C’est un engagement moral et je ne veux pas le prendre à la légère.
Pensez-vous qu’en la matière, on doit rester toujours fidèle à ses idées, ou que celles-ci peuvent évoluer au fil du temps et au gré des circonstances ?
Stéphane : Je pense que les idées peuvent évoluer, bien sûr... On a vu des gens de gauche passer à droite avec le temps (rarement l’inverse). Mais dans l’ensemble je crois qu’il faut rester fidèle à certaines "valeurs", bien que je n’aime pas ce mot. Je n’aime pas les gens qui retournent leur veste à chaque élection… Mais j’imagine que c’est assez fréquent.
Charlotte : Un homme politique a le droit de changer d’avis ou de collaborateurs. On n’a pas le même jugement à 20 ans qu’à 50 ans. Certaines idées peuvent évoluer au cours d’une vie. Tout dépend des circonstances. Mais globalement je pense qu’on garde le même cap.
Comment vous êtes-vous fabriqué votre "culture politique" ?
Stéphane : Comme je l’ai dit, je viens d’une famille où on parlait pas mal politique, souvent avec passion, car les avis étaient souvent très partagés ! Je ne peux pas nier que mon environnement a joué dans ma culture politique, qu’il m’a forgé des repères… Mais aujourd’hui j’ai pris mes distances avec cela, je me suis fait mes propres idées en lisant, en m’intéressant à l’Histoire et aux hommes. En écoutant les autres, aussi. Je pense qu’on ne cesse jamais d’apprendre.
Charlotte : Mon père m’a initiée à la politique et m’a appris beaucoup de choses. De plus, ayant vécu ou voyagé dans différents pays et pas tous démocratiques, j’ai pu comparer les différents systèmes et l’impact que ça peut avoir sur les gens. Des conflits peuvent être réglés par la politique et du coup la vie des gens. Tout ça m’a sensibilisée à la vie politique et je m’y intéresse plus que jamais avec tout ce qui se passe dans le monde.
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© Copyright : iStockSi vous deviez définir l’orientation politique de votre partenaire, que diriez-vous ?
Stéphane : Je dirais qu’elle a reçu une éducation assez politisée, mais dans un sens différent de la mienne, car dans sa famille on "fait" aussi de la politique, on s’engage. Je dirais qu’elle vote de façon plus affective que moi. Elle est aussi plus modérée dans ses prises de position.
Charlotte : Je dirais qu’il est fidèle à ses idées même si dans son entourage tout le monde ne les partage pas. Il n’a pas peur de donner son point de vue, il sait écouter et ne porte pas de jugement. Il est très curieux et lit énormément.
Est-ce que vos positions ou vos divergences peuvent peser sur votre vie de couple ?
Stéphane : Je ne pense pas qu’on doive forcément voter de la même façon. Mais il est important d’avoir un terrain commun, des valeurs partagées. Je ne pourrais pas vivre avec quelqu’un qui se situe à l’opposé de mes idées, qui a une vision de la société aux antipodes de la mienne. Cela dit, même quand nos votes ou nos avis divergent, on ne se dispute pas à ce sujet.
Charlotte : Pour les présidentielles 2007, nous n’avions pas fait le même choix. Nous en avons beaucoup discuté. J’aurais aimé qu’il change d’avis mais il est resté fidèle à son choix. Nous ne nous disputons pas pour des sujets politiques. Nous nous respectons suffisamment pour accepter la différence de l’autre.
Et dans votre vie sociale ? Les prises de position politiques (les vôtres, celles de vos proches) pèsent-elles dans votre rapport aux autres ?
Stéphane : Indéniablement, oui. Je suis assez ouvert, j’ai des amis de (presque) tous les bords, et en général je ne juge pas les gens à ce qu’ils votent, mais il est clair que j’aurai plus d’affinités avec des gens dont les idées se rapprochent des miennes, ne serait-ce que parce que je sais que nous partageons des vues semblables sur l’humanité, la société. J’ai déjà volontairement pris des distances avec des personnes qui avaient des positions qui me heurtaient.
Charlotte : Je peux accepter d’entendre d’autres positions à condition que le discours soit constructif. Ce que je ne supporte pas ce sont les gens qui ne sont pas tolérants et qui essayent d’imposer leurs idées. Le respect des autres est très important sinon il n y a pas d’échange. Généralement dans mon entourage, les personnes qui ne sont pas du même bord ne heurtent pas ma sensibilité car nous nous rejoignons sur d’autres plans.
Et le couple EN politique ? Dans la vie privée de nos dirigeants ? Que pensez-vous de la tendance actuelle à la "pipolisation" de la politique ?
Stéphane : J’imagine que le couple en politique joue un rôle important, oui. Il y a sans doute des femmes d’influence, qui font office de conseil et de soutien auprès de leur compagnon. L’inverse aussi d’ailleurs. Mais bon, tout cela est secondaire. On vote pour un(e) candidat(e), pas pour un couple, alors les histoires privées de nos dirigeants, je m’en moque. La pipolisation de la politique, pour moi c’est un poison. J’irais même jusqu’à dire que ça salit la politique.
Charlotte : Je ne pense pas que le couple en politique joue un grand rôle, en tous les cas en France. Si j’hésite entre deux candidats à la présidentielle, je choisirai, s’il est accompagné, probablement celui qui est le mieux entouré ou s’il est seul, celui qui a l’air d’avoir la vie la plus stable. Je suis contre le fait de jouer sur sa vie privée pour gagner des points. D’ailleurs je ne pense pas que ça marche en France.
Et si vous deviez être un couple politique ? Vous seriez qui ? JFK & Jackie ? Nicolas & Carla ? Jacques & Bernadette ? Bill & Hillary ? Autre ?...
Stéphane : Sans doute Léon Blum et sa femme Thérèse. J’ai vu un film il y a quelques années sur eux, elle a joué un rôle important dans ses convictions, son combat. Bel exemple, je trouve.
Charlotte : Sans hésiter JFK et Jackie. Malheureusement cela s'est fini par un drame. Pour moi, les gens qu’on élimine en politique sont des personnes qui dérangent et qui veulent faire bouger les choses. Des personnes qui ont un idéal et qui se battent pour ça, quitte à en perdre la vie…
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