Plus les vêtements raccourcissent, plus les fantasmes nous titillent. Mais faut-il forcément les réaliser ou plutôt s’en méfier ? Réponses du Dr Ghislaine Paris, sexologue et auteur du livre "Un désir si fragile, Ressorts de la sexualité féminine" (Leduc.S Editions).

Même au sein des couples qui ont une sexualité complètement épanouie sommeillent des fantasmes qui en feraient rougir plus d'un. C’est ainsi, notre imaginaire et notre inconscient nous emmènent parfois vers des divagations érotiques qu’il n’est pas toujours facile de partager avec l’homme ou la femme de sa vie. Alors, tous les fantasmes sont-ils avouables ? Et surtout, doit-on forcément les réaliser ?
Est-ce que fantasmer c’est tromper ?
Électriques, inavouables, sulfureux… Nos fantasmes nous dérangent autant qu’ils nous excitent. Pas facile de les regarder en face... Alors les réaliser, on n'y pense même pas ! Beaucoup de patients du Dr Ghislaine Paris croient même "qu’ils ne fantasment jamais. En creusant, ils comprennent que c’est parce qu’ils répriment ces images dès qu’elles surgissent. Surtout quand ils sont en couple. Pour eux, rêver d’un autre ou d’autre chose, c’est un peu une trahison." Une logique qui peut se révéler vicieuse selon la sexologue. "Refouler ses pulsions érotiques, c’est se couper de l’énergie libidinale, source du plaisir. Ce qui peut mener à la panne."
Pervers(e), moi ?
On peut très bien fantasmer sur celui avec qui l’on couche depuis belle lurette. Mais comment lui dire qu’on voudrait subitement qu’il nous attache au lit ou qu’il nous susurre des mots salaces à l’oreille ? Comment lui demander de réaliser nos folies les plus secrète ? Parler de nos fantasmes ne va jamais de soi. Cela implique de dévoiler la partie la plus intime de notre imaginaire érotique. La plus débridée aussi. Comme le souligne le Dr Paris, "nos fantasmes sont toujours violents, sauvages. Contrairement à notre vie sexuelle, ils n’obéissent à aucun contrôle, aucune censure, aucune morale. Sigmund Freud appelait ça pulsions perverses partielles."
Qu’on soit fleur bleue n’y change rien : ces pulsions ne sont jamais romantique ! Dans nos fantasmes, nous sommes tous un peu fétichistes, voyeurs, exhibitionnistes… Les femmes auraient d’ailleurs une légère tendance "maso". Quant aux hommes, ils sont apparemment plus volontiers "sado".
Comment les réaliser ?
Avant de vous lancer dans l’achat d’un ensemble fouet, menottes et combinaison vinyle, mieux vaut vous assurer que ça va plaire à votre partenaire. Pas sûr qu’il (ou elle) saute tout de suite au plafond à l'idée de réaliser vos fantasmes cachés. "Car si nos fantasmes sont souvent difficiles à accepter pour nous, ils le sont encore bien plus pour l’autre." D’où la piqûre de rappel que le Dr Paris a un jour administré à l’un de ses patients. "À chaque préliminaire, il voulait que sa femme porte des talons aiguilles. Et prenait mal son refus. Je lui ai donc demandé s’il accepterait de mettre des bas résilles pour exciter son épouse. Sa réponse n’a pas tardé : bien sûr que non !"
Vous mettre à la place de votre partenaire n’est pas tout. Sachez aussi ne pas vous tromper d’attente. Réaliser un fantasme ne veut pas forcément dire que vous allez grimper au 7ème ciel. Selon la sexologue, "le fait de réaliser un fantasme est presque toujours décevant. Souvent, mieux vaut transformer cette énergie sexuelle avant de la reverser dans le couple." En clair, utilisez vos pulsions pour nourrir votre créativité sous la couette. Servez-vous en pour oser de nouvelles caresses, pas uniquement pour réaliser une vieille obsession... Vous pourrez ainsi pimenter vos corps à corps sans risquer d’effaroucher votre moitié.
Si vous préférez quand même vos fantasmes à leur version édulcorée, essayez de les réaliser avec humour. Faites-en le jeu coquin d’un soir. Un scénario érotique à peaufiner à deux. C’est le plus sûr moyen de glisser du fantasme vers l’orgasme.
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