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Plaisir sexuel, paroles d'hommes

Le plaisir sexuel est une affaire de corps et d’esprit, d’attentes assouvies et de désirs révélés, une inépuisable source de découverte. En ce domaine, hommes et femmes ne sont pas égaux. Ni sur la nature du plaisir, ni sur la façon de l’atteindre. Chez l’homme, on a tendance à résumer le plaisir sexuel à une pulsion mécanique, là où chez la femme il serait plus voluptueux et multiple. Qu’en est-il exactement ? Pour entériner ou débouter les idées reçues, nous avons demandé aux principaux intéressés.

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Plaisir sexuel, paroles d'hommes
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Cliquez>> Et elles, qu'en disent-elles ?

Le plaisir sexuel… d’où vient-il ? Entre ce qui relève du physique et ce qui relève du psychologique, la frontière est souvent ténue. Le plaisir est affaire de ressenti, d’attente, d’accomplissement, c’est aussi affaire de moyen d’y parvenir. Ce(s) moyen(s) appartien(nen)t à chacun et à chacune d’entre nous. Comme le souligne le bon sens populaire, chacun trouve son plaisir où il peut – et où il veut. Néanmoins, certaines idées reçues ont la vie dure. A tort ou à raison, on estime notamment que les hommes et les femmes ne sont pas égaux face au plaisir. Si l’on prête aux femmes une sexualité complexe, cérébrale, voluptueuse, et un plaisir aux multiples facettes dont les hommes sont souvent incapables d’appréhender les subtilités infinies, ces derniers, les hommes justement, voient souvent leur plaisir sexuel résumé à l’assouvissement mécanique d’un désir primitif. Alors, le plaisir masculin se résumerait à un apex éphémère, à une finalité irrépressible, alpha et oméga de l’acte sexuel ? Pour y voir plus clair, nous sommes allés à la rencontre de cinq témoins, de 31 à 52 ans, qui ont accepté de partager leur expérience du plaisir.

Toc toc badaboum !

Que les choses soient claires : il est coutume de dire que le plaisir masculin se résume à l’éjaculation, et que tout ce qui la précède ne sert qu’à parvenir à cette apothéose indispensable sans laquelle l’acte sexuel reste inachevé, et pour tout dire frustrant. Bref, sans éjaculation, pas de plaisir. Contrairement aux femmes qui peuvent connaître des plaisirs de nature, de durée et d’intensité différentes, le plaisir de l’homme se résumerait à cet instant fugace, à cette petite mort vers laquelle tend tout son être durant l’acte sexuel : un vieux reste de nos origines primates, au nom desquelles la sexualité avait essentiellement fonction de reproduction, et se devait donc d’être expéditive et efficace.

Pour Manu, 41 ans, l’éjaculation est bien "le point culminant de l’acte sexuel… l’aboutissement et la fin." Un avis partagé mais nuancé par Jean-Marie, 40 ans : "Le plus grand plaisir réside dans la conquête et la découverte du corps de l’autre. L’éjaculation n’apporte du plaisir que s’il est partagé." Mais dans certains cas, l’éjaculation n’est pas forcément synonyme de plaisir. "En tout cas pas pour moi, nous avoue Guillaume, 38 ans. Combien de fois me suis-je dit "tout ça pour ça !"  Il a fallu que je connaisse l’amour pour que cela prenne une autre dimension." En fait, pour beaucoup d’hommes, l’éjaculation ne sera vécue comme une apothéose qu’en fonction de ce qui se sera passé avant : pour Arnaud, 31 ans, "l’éjaculation découle du plaisir, si j’ose dire. Le plaisir de l’homme est proche de celui de la femme, il prend en compte, selon moi, aussi les caresses et les attouchements." Un avis finalement partagé par Guy, 52 ans : "l’expérience me fait maintenant préférer les caresses et la complicité… Même si l’éjaculation reste un plaisir, ce n’est plus un but."

On voit bien que le plaisir masculin est loin d’être stéréotypé. Il en va de même du plaisir solitaire. Lorsqu’il s’adonne à la masturbation, l’homme va bien souvent "droit au but" pour libérer une pulsion : révèle-t-il là sa vraie nature ? "Le plaisir solitaire est différent, nous dit Arnaud, car on se connaît, on sait comment il faut faire et sur quelle zone insister pour prendre, suivant l’humeur, plus vite ou plus lentement son pied." "Différent… mais très agréable", corrige Jean-Marie. "Dans la masturbation, le plaisir est moindre, plus fantasmatique. Il faut "inventer" l’autre, sinon aucun intérêt", déclare Guillaume. Mais le plaisir solitaire, ce n’est pas du goût de tout le monde, comme le rappelle Manu : "ça n’a vraiment rien à voir. Pour moi, cela n’apporte aucun plaisir." On voit bien que tous les hommes n’ont pas tous le même rapport à leurs pulsions.

On oublie par ailleurs de préciser que l’orgasme masculin ne se limite pas à l’orgasme pénien : l’homme peut aussi atteindre un orgasme prostatique, c’est-à-dire par le biais de la stimulation de la prostate ou par le biais de la sodomie. Il s’agit ici d’un véritable orgasme, aux origines musculaires et nerveuses avérées.

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Plaisir ou orgasme ?

Il importe ici de faire le distinguo entre le plaisir et l’orgasme. Délicat. Chez la femme, il existe une frontière généralement claire entre les deux. En tout cas, pour celles qui font l’expérience d’un orgasme, la différence "saute aux yeux". Mais encore une fois, chacune vit cette différence à sa manière. Pour les hommes, comme on l’a vu, orgasme et plaisir sont souvent confondus. C’est l’éjaculation qui procurerait l’orgasme, et comme on estime souvent que le plaisir sexuel se résume à l’éjaculation… CQFD. D’un point de vue biologique, on estime que le plaisir, quel qu’il soit (pas seulement sexuel), provient d’une sécrétion d’endomorphines qui procure bien-être, calme, satisfaction, dès que l’on pratique une activité qui nous est agréable. En psychanalyse, le plaisir correspond à la réalisation d’un désir : le désir procure de la tension, le plaisir correspond à la libération de cette tension, qui pour s’accomplir doit s’accommoder du "principe de réalité", le monde extérieur et ses obstacles (source : Dr Gérard Leleu, Le Traité du Désir, J’ai Lu). C’est ici, sans doute, qu’il faut creuser.

"Il existe une incroyable variété dans le plaisir masculin, nous dit Guillaume. On peut aller de la vibration au raz-de-marée, de la béatitude au quasi évanouissement. En fait, c’est l’ensemble de l’acte qui compte. Quand, où, en combien de temps… en sachant que parfois, vite et bien c’est sympa. Le plaisir est pour moi différencié de l’éjaculation. Elle en fait partie, mais n’en explique pas les ressorts."

Pour commencer, contrairement à certaines idées reçues, le plaisir peut se ressentir de bien des façons chez l’homme aussi ! "L’attention de l’autre", pour Guy, "le regard… il faut que je voie l’autre, ses yeux, son corps" pour Guillaume, et pour Jean-Marie, "les caresses… les femmes oublient souvent que le corps de l’homme est lui aussi très sensible." Pour Arnaud, "L’orgasme provient de l’accumulation du plaisir, et non l’inverse, ce qui mène fatalement à des degrés de plaisir. Le plaisir d’être avec l’être aimé, de le/la toucher, le/la goûter, le/la pénétrer, le/la bousculer parfois, et celui de le/la satisfaire et de se satisfaire. Tout ceci monte crescendo." Et Guy de conclure : "L’orgasme chez l’homme, est souvent psychologique, et non physique, alors que le plaisir peut se trouver dans de nombreuses circonstances." Alors, chez l’homme aussi, c’est dans la tête que ça se passe ?

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Et la tête, alouette…

On l’a bien compris, si la plupart des hommes considèrent que l’éjaculation tient une place importante dans leur plaisir et dans le déroulement d’une relation sexuelle, ils ne résument pas tous leur plaisir à cette seule finalité. Le plaisir, passe aussi par la possibilité d’accomplir les actes que l’on veut accomplir, par une mise en situation, par la réalisation d’un fantasme, par une sensation donnée qui n’est pas éjaculatoire… Voire pour certains, le plaisir comme on l’entend communément n’est pas forcément la donnée essentielle de l’acte sexuel. Ceux-ci seront plutôt motivés par un souci de performance, par un contexte social ou une scénographie. Bref, pour une large part, le plaisir relève aussi de la psychologie : oui mesdames, les hommes font aussi l’amour avec leur tête !

Pour Guy, "le plaisir est avant tout psychologique. Plaisir de partager, de ne faire plus qu’un avec l’autre, physiquement et mentalement." "Les hommes aussi sont cérébraux ! confirme Arnaud. Le fait de voir une femme en lingerie fine (pas forcément coquine…  mon péché mignon : toutes formes de boxers…) me procure une forme "d’orgasme cérébral", qui me fait dire que je suis un peu comme les femmes. La psychologie intervient aussi dans la part du fantasme, du rêve, de l’inconscient latent mais présent, là où on est entre ciel et terre, finalement comme à la suite d’un orgasme !" Une version que confirme à peu près Jean-Marie : "Le plaisir, c’est d’être bien, libéré, de pouvoir tout partager sans tabou ni retenue, ni limite." Faire sauter ses propres barrières et inhibitions, voilà aussi l’une des principales sources du plaisir masculin.

On est bien loin des clichés du mâle uniquement guidé par son pénis ! "L’acte pour l’acte n’a à mes yeux aucun intérêt, confie Guillaume. Pour moi le sexe ne s’embarrasse pas non plus de pression sociale ou de considération extérieure : quand je fais l’amour à la femme que j’aime, je cherche à lui exprimer tout mon amour par un moment d’écoute et de partage intense, dans lequel nous pourrons connaître un état de plaisir partagé. J’oserai dire qu’une connaissance et une confiance réciproques n’ont fait qu’améliorer nos moments de plaisir et les ont rendues plus inoubliables encore. Bref, je suis plaisir addict !" "Ce sont les notions d’écoute et d’attention qui sont primordiales afin d’arriver au plaisir, puis à l’orgasme", confirme Arnaud. Avant d’ajouter : "Il n’empêche qu’une bonne partie de b… pour la b…, peut parfois être superbe !"

Le plaisir masculin peut donc revêtir bien des formes, comme nous le rappelle Manu : "Pour moi le plaisir sexuel est essentiellement physique, mais en plus il y a une part de domination très importante. J’aime que ma partenaire m’appartienne, j’aime la posséder, la dominer entièrement… c’est là que je trouve mon plaisir." Ainsi, il ne faut pas faire mine d’ignorer, chez beaucoup d’hommes, l’importance du sentiment de domination dans le plaisir sexuel.

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Vous les femmes…

Egoïstes dans leur plaisir, les hommes ? Encore une réputation tenace. Outre l’aspect dominateur ou conquérant, dans la mesure où l’éjaculation est perçue comme l’aboutissement de l’acte sexuel chez l’homme (là où la femme, elle, ne s’inscrit pas dans cette notion de finalité), et où après éjaculation, l’homme n’est – généralement – plus en mesure d’avoir un nouveau rapport sexuel pendant un certain laps de temps, on prête souvent aux hommes cette idée d’un plaisir tourné vers soi, indifférent à celui de sa partenaire. Qu’en est-il vraiment ? Hommes et femmes sont-ils vraiment sur deux planètes différentes ? "En ce qui me concerne, c’est mon plaisir qui compte avant tout" avoue Manu. Un cas qui semble assez représentatif des idées reçues sur la sexualité masculine, mais plutôt isolé parmi nos témoins : "C’est vrai qu’il peut y avoir dans le sexe un côté bestial et primaire, nuance Jean-Marie. Mais c’est le plaisir ressenti ensemble qui est bon. Le plus grand plaisir réside dans le plaisir que l’on peut donner à l’autre." Un avis partagé par Guy  ("sans son plaisir… je n’ai pas de plaisir") et par Guillaume ("Pour ma part, je ne m’imagine pas prendre du plaisir tout seul"). Quant à Arnaud, il prétend que "le plaisir masculin n’est en soi pas plus égoïste que celui de la femme sous sa douche avec son sex toy. Comme le dit l’adage, il faut apprendre à se connaître avant de connaître les autres. Je ressens plus de plaisir en donnant car c’est comme un pouvoir que de voir l’autre tressaillir, se tordre, gémir sous ses caresses. C’est comme une hypnose, on capte l’attention de l’autre et on ne lui rend sa liberté que s’il ou elle cède par l’orgasme. C’est un pouvoir propre à l’Homme avec un grand H, que de savoir gérer ça." On voit bien qu’on est loin de l’image d’Epinal de l’homme inattentif au ressenti de sa partenaire.

C’est lorsqu’il s’agit de dire si plaisirs masculin et féminin sont de nature ontologiquement différentes que les avis diffèrent vraiment. Si Manu lance sans gêne "Est-ce que le plaisir de la femme est différent du mien ? Je ne me suis pas posé la question", nos autres témoins sont parvenus à des conclusions fort disparates. Jean-Marie s’inscrit dans un consensus assez répandu selon lequel "Le plaisir féminin est peut-être plus psychologique que physique." Pour Guy, "le plaisir masculin répond peut-être davantage à un besoin qu’à une envie." A l’autre bout du spectre, on trouve Guillaume, pour qui le plaisir de l’homme et de la femme "ne sont pas si différents. Je me suis toujours dit que j’avais un plaisir de nana. Quand je les écoute parler je me dis que finalement c’est très proche de ma manière de ressentir." A mi-chemin, Arnaud nous fait partager son expérience de "métrosexuel, hétéro mais plaisant autant aux hommes qu’aux femmes" : "Dans le plaisir, nous avons des similitudes : outre l’éjaculation, les hommes prennent du plaisir avec les baisers, les caresses, les massages… l’homme n’a pas forcément besoin de pénétration pour jouir, il apprécie les jeux coquins autant que les femmes. Cela dit, il y a des différences : tout d’abord par le nombre de possibilités d’orgasmes durant un rapport… c’est trop injuste ! Ensuite, c’est physique et physiologique, c’est une évidence, on n’est pas fait pareil ! Heureusement… Il y a mille raisons de croire que le plaisir masculin et le plaisir féminin sont fondamentalement différents ! Mais dans le fond la résultante reste la même : l’orgasme partagé."

Dans notre recherche d’une sexualité riche et épanouie, nous réalisons, parfois, que nous ne sommes pas sur la même longueur d’onde que notre partenaire : pas les mêmes attentes, pas les mêmes pulsions ni les mêmes moyens de les assouvir, pas les mêmes sensations. Mais au-delà des éternelles différences homme / femme, il convient d’admettre que les hommes, en premier lieu, sont eux-mêmes tous différents. S’ils ont été "programmés" pour éjaculer, et si cette éjaculation, dans le meilleur des cas, représente le sommet de leur plaisir personnel, tous les hommes ne vivent pas leur sexualité de la même façon, et vivent donc leur plaisir différemment. Dans sa lente évolution qui l’a vu s’éloigner du primate, l’Homme a affiné sa sexualité, et lui a insufflé cette notion de plaisir qui est étrangère au règne animal. Il a appris à conjuguer son côté bestial avec son côté cérébral, et à faire de la sexualité non plus un simple acte de préservation de l’espèce, mais un acte d’amour et de partage. Un voyage vers son partenaire, qui oblige chacun à s’ouvrir aux désirs et aux ressentis de l’autre. Et si c’était ça, finalement, le vrai secret du plaisir ?

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Mathieu Doumenge   03/12/2007   Partager   Commenter   1 commentaires   Retour en haut de page
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Vos commentaires

Invité

Merci a vous?

le plaisir masculin est souvent reducteur... merci je vais le faire lire a ma femme... a plus

mercredi 16 janvier 2008 à 11:13:29

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